Genèse de la cité de N.K.Jemisin

Genèse de la cité est le premier tome de la trilogie intitulée Mégapoles de N. K. Jemisin. Ce premier tome vient de paraitre chez J’ai lu dans la collection Nouveaux Millénaires. L’autrice avait auparavant signé la série des Livres de la terre fracturée qui a obtenu trois fois d’affilée le prix Hugo du meilleur roman pour ses trois tomes en 2016, 2017 et 2018. Cette nouvelle trilogie s’annonce assez différente de la précédente, plus orientée vers un mélange de science-fiction et d’urban fantasy avec des monstres. Le prologue du roman reprend une nouvelle parue dans le recueil Lumières noires.

Tout commence de nos jours, à New York, où un jeune homme débarque à Penn Station et est soudainement pris d’une crise d’amnésie sévère. Il ne se rappelle plus ni son nom, ni son visage. Pourtant, une chose est sure pour lui, il est chez lui et doit se rendre à FDR Drive même s’il ignore pourquoi. Là il assiste à un étrange spectacle fait de tentacules pour le moins bizarres qu’il doit combattre. N. K. Jemisin nous plonge directement dans le vif du sujet avec cette lutte et ce personnage amnésique sujet à des visions où deux New York semblent se superposer. Il va bientôt se rendre compte que chacun des cinq arrondissements de la ville de New York s’est incarné dans un avatar humain et que lui représente Manhattan. Les cinq vont devoir se retrouver et s’associer pour préserver la ville d’une terrible menace qui prend la forme de tentacules blancs invisibles pour la majorité des gens, tout en les contaminant.

Une des grandes réussites du roman vient du fait que son histoire est avant tout centrée sur les personnages. Ces derniers sont particulièrement réussis et variés. Elle prend le temps de nous les faire connaitre en explorant leur vie, leur personnalité. On apprend à les apprécier, à voir toutes les nuances que chacun renferme et en quoi ils représentent une partie de la ville. On fait ainsi connaissance avec Bronca vivant dans le Bronx et travaillant dans une galerie d’art, Brooklyn, ancienne chanteuse devenue conseillère municipale, Staten Island,et le Queens, jeune étudiante en mathématiques.

Mais aussi de la Dame Blanche qui incarne leur ennemi et que j’imagine très bien en Dolores Ombrage. En effet, le roman a un côté militant assez marqué, avec des personnages de différentes origines et orientations sexuelles, de différents âges. Ils sont confrontés à un ennemi représenté par la couleur blanche et prônant des idéologies d’extrême droite. On pense clairement à tous les événements récents qui se sont produits aux États-Unis. D’autant plus que le roman cite de nombreuses fois Lovecraft et la fameuse nouvelle L’Horreur à Red Hook. Cependant, l’autrice ne s’attarde pas uniquement sur cet aspect de l’écrivain, et le roman a clairement une dimension lovecraftienne autant par ces différents clins d’œil que par d’autres aspects. Si ce dernier n’a pas aimé la ville de New York, on ne peut en dire autant de N. K. Jemisin qui offre avec ce roman une lettre d’amour à cette ville cosmopolite, à ses diverses cultures, à toutes ses diversités qui font sa richesse, à son histoire.

Genèse de la cité est ainsi un premier tome qui offre une histoire singulière et passionnante. Il développe de nombreux concepts qui seront certainement poursuivis dans le reste de la trilogie et on pourra peut-être découvrir d’autres mégalopoles. Les thématiques sont ancrées dans notre époque et le roman offre une belle galerie de personnages. Un roman hommage à New York que l’on dévore comme une délicieuse « grosse pomme ».

Autres avis: Lune, Elbakin, Gromovar, Anudar,

L’acheter chez un libraire: (sans aucun frais supplémentaire):

En Papier

En Numérique

Autrice: N. K. Jemisin

Traductrice: Michelle Charrier

Édition: J’ai Lu Nouveaux millénaires

Parution :03/02/2021

En descendant du train à Penn Station, le jeune homme se rend compte qu’il a tout oublié : son nom, son passé, son visage… Une seule certitude : quoiqu’il n’ait jamais mis les pieds à Manhattan, il est ici chez lui. Rien d’anormal, donc, à ce qu’un vieux taxi jaune à damiers s’arrête devant lui au moment où il en a le plus besoin. Il doit impérativement se rendre sur FDR Drive ; il ignore pourquoi, mais cela a sans doute un rapport avec les tentacules qui sèment le trouble à chaque coin de rue. La ville, sa ville est en danger, et lui seul semble être en mesure de la défendre. Lui seul ? Non, ils sont cinq, un pour chaque arrondissement de New York…

9 commentaires

  1. Je suis en pleine lecture du roman 😉 Je suis un peu déstabilisée parfois par ses références aux spécificités de la vie new-yorkaises (que je ne connais absolument pas, ni en terme de monuments, d’histoire ou de culture) mais je suis d’accord avec toi pour le reste.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s