Un an dans la ville-rue – Paul Di Filippo

Pour sa 37ème parution dans la collection Une Heure Lumière, les éditions Le Bélial ont choisi un auteur américain peu traduit en France, alors même que sa bibliographie compte une douzaine de romans et une vingtaine de recueils. Il faut dire que ses textes ont la réputation d’être très difficiles à traduire. Et on ne peut que saluer le travail effectué par Pierre-Paul Durastanti qui a su rendre avec brio le style de l’écrivain.

Le titre de cette novella résume très bien ce qu’il s’y passe, puisqu’il s’agit de suivre l’histoire de Diego Patchen dans une ville gigantesque qui constitue un monde à elle seule. Diego Patchen est écrivain de « cosmos fiction », genre publié dans des revues, en gros de la science-fiction. Au début du récit, Diego publie dans la revue Mondes Miroirs, dont le directeur est Winslow Compounce. Tous ces éléments font penser aux divers écrivains ayant été publié dans des pulps et le personnage rappelle l’écrivain lui-même. On sent ainsi l’hommage rendu aux littératures de l’imaginaire.

Autour de Diego gravite toute une galerie de personnages, de sa chérie, la volcanique Volusia à son meilleur ami, Zohar, à la vie bien compliquée, à son éditeur ou encore son père. Des personnages résidant tous dans la l’immensité de cette ville à l’unique rue, qui semble s’étendre à l’infini. Diego habite le quartier de Vilgravier dans un des nombreux blocs. La ville est bordée par le Fleuve où circulent les bateaux approvisionnant la ville, et par les Voies domaine des trains. Paul Di Filippo s’est aussi amusé à créer toute une mythologie autour de la ville avec des créatures psychopompes qui interviennent pour transporter les corps des personnes récemment décédées. La vie dans cette ville semble assez proche de la notre, tout en étant différent. Il comporte une part indéniable d’étrangeté mais aussi de familiarité pour que le lecteur ne soit pas perdu.

Avec Un an dans la Ville-Rue, Paul Di Filippo nous propose l’histoire d’une surprenante ville-monde pendant un an au travers du regard d’un écrivain. Il effectue ainsi une véritable mise en abyme rendant hommage aux récits populaires, à l’imaginaire. Le récit se dédouble ainsi, portant de multiples réflexions en son sein. La traduction de Pierre-Paul Durastanti vient parfaire ce texte et donne envie de replonger une nouvelle fois dans cette ville-rue pour en explorer les recoins et références qu’on aurait raté à la première lecture.

Autres avis : Gromovar, Un dernier livre, Yozone, L’épaule d’Orion,

Auteur: Paul Di Filippo

Traducteur : Pierre-Paul Durastanti

Édition: Le Bélial’ collection Une heure Lumière

Parution : 26 mai 2022

Une ville-monde.
Un immense ruban urbain apparemment sans fin bordé par les Voies – un chemin de fer – et le Fleuve. En son sous-sol, un métro. Et sous le métro… Bienvenue dans la Ville-Rue. Diego Patchen réside dans le quartier de Vilgravier, du côté du 10.394.850e Bloc. Amoureux d’une plantureuse pompière, affligé d’un père malade acariâtre, Diego vit d’expédients. Son activité favorite demeure toutefois l’écriture de récits spéculatifs, ce genre littéraire appelé « Cosmos-Fiction ». Un registre volontiers décrié, mais qui bénéficie d’un socle de lecteurs fidèles, et dans lequel les écrivains se plaisent à imaginer d’autres mondes, d’autres univers, aux configurations différentes… Et alors que Diego célèbre la sortie de son premier recueil, le voici bientôt invité à une croisière sur le Fleuve…

Cette chronique fait partie du Challenge S4F3 2022

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