La guerre des marionnettes – Adam-Troy Castro

La guerre des marionnettes est le troisième roman d’Adam Troy-Castro publié par les éditions Albin Michel Imaginaire. Le cycle d’Andrea Cort, du nom du personnage principal, est constitué à ce jour de trois romans, de novellas et de nouvelles. Gilles Dumay a choisi de publier les différents textes de ce cycle dans l’ordre chronologique du récit et non de leur parution (très riche idée s’il en est!). Adam Troy-Castro y a pris part en réécrivant certains éléments. Les 3 livres publiés chez Albin Michel Imaginaire sont ainsi: Émissaire des morts en 2021 avec le roman et 4 nouvelles, La troisième griffe de dieu qui est complété par une nouvelle Un coup de poignard, et La guerre des marionnettes qui est accompagné de deux novella, Les Lames qui sculptent les marionnettes située avant le roman, et La Cachette qui se déroule après. On ne peut que saluer le travail éditorial fait autour de ce cycle.

Ce roman étant une suite, il peut y avoir dans cette chronique des spoilers sur les précédents, qu’il faut lire avant celui-ci. Pour plusieurs raisons : premièrement, le risque de ne pas comprendre grand chose, et deuxièmement ne pas voir l’évolution du personnage principal, Andrea Cort sur qui repose beaucoup l’intérêt de ce cycle. Nous sommes dans un futur très lointain, l’humanité a conquis l’espace et rencontré d’autres espèces. Andrea Cort est enquêtrice et représentante du Procureur Général du Corps Diplomatique de la Confédération Homsap ( pour Homo-sapiens). Andrea est impliquée depuis son enfance dans une guerre secrète entre deux camps d’Intelligences Artificielles anciennes très puissantes.

Dans la novella Les Lames qui sculptent les marionnettes, Andrea Cort n’est pas présente mais on découvre la planète Vlhan où se déroule le roman. Sur cette planète, les habitants pratiquent un étrange rituel sous la forme d’une danse mystique qui se solde par la mort de tous les participants sans que l’on sache vraiment pourquoi. L’illustration de couverture de Manchu donne un aperçu des créatures que l’on peut trouver sur cette planète. Le personnage central de ce texte est Jason Bettelhine croisé dans le tome 2. Il vient sur Vlhan pour rechercher Harille, une jeune femme venue pratiquer la danse rituelle. Ce texte présente ainsi la planète et le contexte où vont se dérouler les événements du roman, Andrea arrivant sur la planète juste avant une de ces cérémonies rituelles.

Depuis quelques temps, Andrea travaille en secret pour les Intelligences Artificielles les aidant dans leur projet pour terminer leurs existences. Pour cela, Andrea se rend sur Vlhan, où les pèlerins sont chaque année plus nombreux et où un incident s’est produit quelques années auparavant, rappelant à Andrea celui qu’elle a connu dans son enfance. Dans ces événements passés, le second camp d’Intelligences Artificielles étaient impliqués, celui désirant survivre et ainsi s’opposant à l’autre camp. Andrea Cort est toujours accompagnée des Porrinyard, ces inseps qui partagent sa vie. Ce tome ne raconte pas vraiment une enquête, même si Andrea est sollicitée pour retrouver une jeune fille, mais plutôt une fuite à travers Vlhan. Ce tome est sans conteste le plus sombre de tous, le plus violent, le plus dur pour les personnages avec qui l’auteur n’est vraiment pas tendre. C’est glaçant, intense, sans temps mort, sombre, mais offre une belle conclusion à ce cycle et surtout une belle évolution à ce personnage fascinant qu’est Andrea Cort. Il faut bien avouer qu’elle porte ce cycle sur ses épaules, aidée par les Porrinyard il est vrai.

La novella La Cachette revient au côté enquête des précédents romans. Andrea est mandée par une ancienne connaissance pour l’aider à résoudre un crime commis par un homme faisant partie d’un trio d’inseps. Un dilemme se pose sur la réelle culpabilité et comment traiter un cas pareil. Comment enfermer les trois alors qu’un seul a l’air coupable? Une histoire qui fait écho à ce que vit Andrea avec les Porrinyard et qui va forcément lui susciter d’importants questionnements.

La guerre des marionnettes vient ainsi clore en beauté le cycle d’Andrea Cort. Adam Troy-Castro nous propose un roman plus sombre encore que les précédents. L’aspect enquête est un peu mis de côté mais il est bien présent dans le tout dernier texte présenté. Un cycle et un personnage à découvrir!

Autres avis: Le nocher des livres, Feyd Rautha (L’épaule d’Orion), Gromovar, Apophis, François Schnebelen (Yozone), La Geekosophe, Yuyine, De l’autre côté des livres, Les Blablas de Tachan,

Auteur: Adam-Troy Castro

Édition: Albin Michel Imaginaire

Parution : 15 juin 2022

Toujours à la poursuite des Démons Invisibles, responsables de la mort de ses parents, Andrea Cort se rend sur la lointaine planète Vlhan. Ses imposants habitants y pratiquent un rituel qui tient tout autant du spectacle de danse que du suicide collectif. Une fois, par le passé, le ballet a dégénéré, et les habitants de Vlhan se sont retournés contre les spectateurs présents pour les massacrer. Andrea est convaincue qu’élucider le mystère à l’origine de cette tragédie peut la mener à ses Démons Invisibles. Mais la disparition d’une jeune fille vient rapidement compliquer sa quête personnelle. Vlhan est une planète dangereuse et Andrea ignore à quel point elle s’apprête à danser avec la mort.

Cette chronique fait partie du challenge Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

19 commentaires

  1. […] Ma chronique : Et c’est parti pour le dernier tome des aventures d’Andrea Cort, composé de deux nouvelles et d’un roman, dans un univers Space-Opera où plusieurs espèces sapientes cohabitent.Les lames qui sculptent les marionnettes : pour commencer, l’éditeur nous propose une nouvelle qui se déroule juste avant le roman. On n’y croise pas Andrea, mais deux personnages rencontrés lors du roman précédent, Jason et Jelaine. C’est l’occasion de découvrir ce qui est arrivé au jeune homme pendant sa longue disparition, et surtout on entrevoit les Vlhanis — les « marionnettes » – peuple qu’on connaîtra mieux lors du roman. Récit sombre et prenant — le soin apporté au protagoniste-narrateur est à souligner — avec une conclusion qui incite à se jeter sur le roman qui suit ! Précisons toutefois que ce n’est pas seulement une nouvelle d’introduction au roman : elle offre une histoire complète et marquante, dans la veine d’une série sombre.La cachette : une dernière nouvelle pour clore le tome. Je vous en parle maintenant, pour ensuite prendre le temps de commenter le roman. Dans une tonalité encore une fois sombre (on est dans la série Andrea Cort, hein !), notre héroïne se retrouve face à une impasse juridique : un meurtre a été commis par un membre d’un inseps, avant la fusion de son esprit avec deux autres humains. Si on l’emprisonne, son esprit ne le sera pas tout à fait, puisqu’il sera présent dans sa plénitude dans les deux autres corps. Mais on ne peut pas emprisonner les deux autres non plus, qui ne sont pas coupables. L’auteur en profite pour décortiquer les mécanismes et les limites d’une des créations de son univers, à savoir ici les inseps, un seul esprit dans deux ou trois corps. Pertinent, avec toujours cette personnalité propre à Andrea Cort : un pessimisme mêlé à des remarques tranchantes.La Guerre des marionnettes : Revoici Andrea Cort, procureure du Corps Diplomatique et agente secrète des IA-source (lisez les premiers tomes pour comprendre !). Ces IA-source l’envoient sur Vlhan sans lui en donner la raison. Accompagnée des inseps Skye et Oscin (deux êtres humains qui ont fusionné leur esprit), elle débarque juste avant le Ballet annuel, étrange rite où des Vlhanis se font massacrer après une danse. Depuis quelques années, des jeunes homsaps (humains) sont irrésistiblement attirés par ce Ballet et entament une longue transformation physique et psychique pour y participer, convaincus d’aider à la quête supposée des Vlhanis. Ces illuminés finissent tous découpés en rondelle.Car les Vlhanis sont une espèce à part : ils sont formés de sphères d’où sortent des immenses lames, surnommées fouets, qui leur permettent de se déplacer et de communiquer. En effet, les « danses » des fouets dessinent des schémas encore mystérieux pour les autres espèces, qui, fascinées, cherchent à décrypter la promesse d’un nouveau savoir : les Vlhanis sont réputés très intelligents et suscitent une forte curiosité. Mais ces mêmes lames peuvent aussi trancher un corps.Quand Andrea et ses amis débarqueront sur Vlhan, tout va partir en vrille.Ce tome est captivant, la tension monte et on craint pour chacun des personnages, y compris les plus secondaires. L’auteur a un talent narratif indéniable, et ce récit ne manque pas d’actions, de rebondissements et de scènes dramatiques. Le destin de certains personnages secondaires est terrible tandis que d’autres s’enfoncent dans la médiocrité. Le lecteur assiste à une tragédie grecque, tant les acteurs ont eux-mêmes scellé leur funeste destin.La narration interne — ici avec Andrea mais aussi Skye — nous permet d’entrer dans les méandres de l’esprit complexe d’Andrea, peu sociable mais qui a fortement évolué et qui n’est pas dénué de morale, au contraire. Et c’est bien son problème. On suit son cheminement, comme lors des tomes précédents, et on aimerait un peu d’espoir pour elle.La conclusion critique en creux l’humanité. Ça m’a toujours amusée de constater que tant d’écrivains de SF pensent que les autres espèces sapientes seraient forcément plus sages ou plus rationnelles que nous, parti-pris lié au dégoût des massacres et guerres de notre Histoire. Jusqu’à preuve du contraire, les autres ont peut-être plus de carnages à leur passif (c’est facile pour moi d’écrire cette remarque : je doute d’être démentie dans un futur proche, à défaut d’un « premier contact » imminent).Revenons aux Vlhanis et à leurs mystères. Toute la galaxie s’est mêlée du destin de cette espèce, à un moment ou à un autre. Ces marionnettes sont réellement le jouet des autres, et la planète devient le théâtre d’une lutte entre puissances alors que cette espèce ne se doute de rien. Quant à la conclusion de la saga, elle est très sombre (on est dans la série Andrea Cort, encore une fois), voire un brin défaitiste, mais logique et réussie.Un très bon dernier tome de saga : sombre, palpitant, et une galerie de personnages marquants. Il semblerait toutefois que l’auteur puisse écrire encore d’autres textes dans cet univers, et ce serait une excellente nouvelle !Emissaires des Morts (Andrea Cort 1)La Troisième Griffe de Dieu (Andrea Cort 2)La Guerre des Marionnettes (Andrea Cort 3)Autres chroniques dans la blogosphère : Apophis, Le chien critique, Gromovar, FeydRautha, Le Maki / Yogo (Les lames qui sculptent les marionnettes, La guerre des marionnettes, La cachette), le nocher des livres, Nevertwhere, Just A Word, Celinedanaë, […]

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