Afterparty de Daryl Gregory

Ce roman trainait dans ma liseuse depuis longtemps, certainement une promo numérique. Comme j’ai beaucoup aimé les autres romans de l’auteur, je me suis décidée à le sortir du fond de ma pile à lire. Afterparty est un livre de science-fiction. Il a été publié en 2014, puis traduit en français et publié chez Le Bélial’ en 2016, puis en poche chez Pocket en 2018. La couverture est d’Aurélien Police et la traduction de Laurent Philibert-Caillat.

Dans un futur proche, les nouvelles technologies permettent de nombreuses choses, dont entre autres la possibilité pour tout un chacun d’imprimer des drogues. Dans ce contexte apparait une nouvelle drogue appelée le Numineux qui décuple les sentiments divins en rendant tangible la présence d’un Dieu. Cette substance n’est pas sortie de nulle part, elle tire ses origines d’une petite entreprise fondée par Lyda Rose, une neuroscientifique, et Mikala Lamonier, une chimiste. Elles cherchaient à l’origine un médicament contre la schizophrénie, les résultats étaient prometteurs. Un grand laboratoire pharmaceutique a investi dans leur projet, puis tout a viré au cauchemar avec l’apparition des effets secondaires. Le rêve s’est transformé en horreur, avec un détour par la case hôpital psychiatrique pour Lyda Rose. Un cauchemar qui ne prend pas fin puisque quelques années plus tard, le Numineux se retrouve en circulation dans la banlieue de Toronto, malgré les tentatives de ses fondateurs pour l’en empêcher. Lyda Rose va ainsi tout faire pour essayer d’empêcher sa diffusion car elle sait très bien les dangers que cette substance recèle.

Le roman mélange plusieurs registres: enquête, road movie, nouvelles technologies, anticipation, thriller, avec des moments barrés et mystiques. Lyda Rose n’est pas seule dans son aventure, elle a l’aide de plusieurs amis, mais tous ont des pathologies assez marquées. Ollie est une ancienne agent des services secrets à tendance paranoïaque sans ses médicaments, mais complétement légume avec. Bobby, lui, pense que son âme se trouve dans un petit coffre en plastique et comme il ne veut pas risquer de la perdre, il le garde autour du cou. Cela donne une équipe de choc, des personnages avec de sacrés travers, des folies bien présentes mais aussi de sacrés caractères à qui on s’attache assez vite.

Dans l’univers décrit par Daryl Gregory, les drogues sont nombreuses, faciles d’accès (il suffit d’une imprimante 3D et d’un peu d’imagination) et capables de métamorphoser les individus. Il se concentre néanmoins sur l’une d’elle, le Numineux dont il décrit les effets avec précision pour se questionner sur plusieurs points. Tout d’abord, la question de la spiritualité, au centre du roman, mais aussi les effets sur le cerveau, la personnalité, le libre arbitre et l’acceptation des différences. Autant de thématiques pas évidentes à traiter avec un sujet qui peut prêter à polémique. Néanmoins, il y incorpore une dose d’action et d’enquête qui équilibre le récit. L’écriture de l’auteur est toujours fluide et très agréable avec une dose d’humour et de second degré bien présente. Le récit perd un peu en nervosité vers le milieu où quelques longueurs se font sentir, mais reprend du poil de la bête par la suite.

Afterparty est ainsi un techno-thriller percutant sur un sujet épineux. L’intrigue est bien menée, les personnages barges à souhaits. Même s’il est légèrement en dessous de Nous allons tous très bien, merci, on passe un très bon moment, mené par la plume toute en nuances de Daryl Gregory.

Autres avis: Le chien critique, blackwolf,

Auteur: Daryl Gregory

Éditeur: Le Bélial’

Parution: 22 septembre 2016

Vous en voulez ? Vous en aurez ! Plus dingues les unes que les autres ! Car la smart drug revolution est en marche… Muni d’une imprimante chemjet et d’une connexion internet, n’importe quel petit malin en première année de chimie peut désormais synthétiser sa propre drogue et la produire à l’infini. Le résultat ne se fait guère attendre : il pleut des buvards chargés sur le monde ! Jusqu’à ce qu’apparaisse le Numineux, molécule qui décuple le sentiment du divin, enracine une foi inébranlable chez son consommateur tout en provoquant crises mystiques et hallucinations extrêmes — un produit aux mains d’une nouvelle église qui en fait son sacrement, répand sa bombe neurochimique à travers tout Toronto et pourrait bien lâcher sur le monde des légions de fanatiques… à moins que Lyda Rose, qui a contribué à l’élaboration du Numineux au sein de sa propre start-up, ne réagisse et ne se mette en quête des secrets de L’Église du Dieu Hologrammatique… Rien moins qu’un chemin de croix, en somme, dont la première des stations consistera à s’échapper de l’asile psychiatrique dans lequel elle est enfermée…

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