Un bon indien est un indien mort – Stephen Graham Jones

Un bon indien est un indien mort est un roman de Stephen Graham Jones, édité par les éditions Rivages dans la collection Rivages noir. Le titre original du livre est The only good indians en référence à une citation du général Philip Sheridan : « The only good Indian is a dead Indian ». Le public américain connait cette célèbre et horrible phrase mais en France, elle est moins célèbre, ce qui explique le choix de la maison d’édition française. Ce titre met aussi en avant la violence présente dans l’histoire. Pour finir de clarifier, Stephen Graham Jones est un descendant des Pikunis, et est engagé dans la cause des tribus indigènes américaines notamment dans le mouvement Blackfeet Tribe of the Blackfeet Indian Reservation of Montana.

Le roman appartient au registre du fantastique et de l’horreur, et se déroule au sein de la communauté amérindienne. Le récit est divisé en 3 parties de différentes longueurs, et suit plusieurs personnages. Lewis, Gabe, Cass et Ricky ont grandi ensemble dans une communauté des indiens Blackfeet. Ils ont pratiqué la chasse, fait des virées entre eux, passé leur jeunesse ensemble. En grandissant, certains ont fui la réserve alors que d’autres sont restés. Mais un événement de leur jeunesse les a marqué et aura de terribles répercussions sur leur vie. Lors d’une partie de chasse, peu avant Thanksgiving, ils n’ont pas respecté les règles et ont abattu tout un troupeau de caribous dont une femelle attendant un petit. Un véritable massacre a eu lieu ce jour là et 10 ans plus tard, ils seront victimes d’hallucinations terribles en lien avec un caribou femelle.

Le récit devient horrifique et monte peu à peu en tension au fur et à mesure des visions et des conséquences qu’elles auront sur eux. La plus grande partie du roman concerne Lewis et va aller assez loin dans l’horreur. Ricky est présent dans une petite partie au début, tandis que la dernière est consacrée à Gabe et Cass. Le titre du roman convient très bien à l’histoire que tisse Stephen Graham Jones. L’aspect surnaturel est très bien amené, on doute par moments de la réalité de ce que voient Lewis puis ses anciens amis. De plus, l’esprit vengeur n’est pas humain, mais un animal. Cela questionne le rapport des hommes aux animaux ainsi que la question de la chasse.

Stephen Graham Jones dépeint un univers sombre et torturé. Le lecteur découvre les rituels et croyances amérindiennes, mais également la vie de ces hommes et femmes de nos jours. Le roman prend ainsi un autre aspect et introduit un questionnement social sur la situation des amérindiens et le racisme dont ils sont victimes. La narration est plurielle avec les différents personnages mais aussi le point de vue de l’esprit vengeur. Elle est vraiment très bien maîtrisée, tenant le lecteur en haleine.

Un bon indien est un indien mort se révèle ainsi un récit haletant et horrifique. L’écriture et la narration mettent parfaitement en valeur une histoire qui parait simple de prime abord, mais qui parle aussi de la situation des communautés amérindiennes dans l’Amérique moderne. Stephen Graham Jones est un écrivain à suivre.

Autres avis:

Auteur : Stephen Graham Jones

Édition: Rivages noir

Traduction: Jean Esch

Parution: 21/09/2022

Quatre amis d’enfance, qui ont grandi dans une réserve amérindienne du Montana, sont hantés par le fantôme d’une femelle élan. Dix ans auparavant, ils ont massacré un troupeau lors d’une partie de chasse illégale.

Cette chronique fait partie du Challenge S4F3 2022

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