La Machine de Katia Lanero Zamora

La machine est un diptyque signé Katia Lanero Zamora. Le premier tome Terre de sang et de sueur vient de paraitre dans la collection Les trois souhaits chez Actusf. Le roman se déroule dans un monde différent du notre, mais très fortement inspiré par lui et on reconnait sans mal en toile de fond l’Espagne des années 1930 et la guerre civile qui a frappé ce pays. Le roman peut être classé comme une allégorie politique.

L’histoire se déroule à Panîm, pays imaginé par l’autrice. Dans cette contrée, la royauté a été renversée quelques années auparavant et une République est en train de se mettre peu à peu en place. Mais rien n’est simple, les riches ont toujours des privilèges et les plus démunis ont faim et veulent plus d’égalité. Le parti de la Machine (plutôt extrême gauche) réclame plus d’égalités entre ceux qui travaillent les terres et ceux qui possèdent le foncier, et demandent qu’une partie des terres leur soient attribuées. Mais à Panîm comme ailleurs, les nobles ne cèdent pas facilement et ont le soutien de l’église de l’Incréé. Les grèves et les mécontentements s’amplifient jusqu’à atteindre bientôt un point de non retour.

Plusieurs éléments dans la description du pays rappellent l’Espagne des années 1930: le contexte politique, les noms de personnages ou de villes, la corrida….L’autrice a ainsi créé un univers fictif en le calquant sur une période de notre histoire afin de raconter son histoire et ce conflit au travers de personnages imaginaires. Ainsi il ne faut pas s’attendre à du surnaturel dans ce roman, il n’y en a pas. Katia Lanero Zamora a aussi pris soin de nuancer les différentes idées de chacun par petites touches. Je pense notamment au rôle joué par la belle mère des 2 héros et par sa famille, ou encore aux conversations entre Andrès et Danielo.

Même si le contexte politique a une grande importance dans le roman, La machine est surtout une histoire de famille et celle de deux frères, Vian et Andrès Cabayol. La famille Cabayol fait partie des grands propriétaires bourgeois. Les deux frères ont toujours été très proches même si en grandissant leurs idées et intérêts ont évolué différemment. Andrès, l’ainé, partage les idéaux révolutionnaires de la Machine et fréquente ceux qui sont appelés « les ongles sales », au désespoir de son père. Vian rentre plus dans les conceptions paternelles et va partir combattre pour son pays. Au travers du destin de ces deux hommes, l’autrice va nous raconter les grands bouleversements qui troublent le pays et ce qui a amené à la guerre civile. La relation entre les deux frères est touchante et belle. On s’attache très vite à eux, à ce qui fait leurs différences, leurs forces, à ces êtres pris malgré eux dans un conflit qui les dépasse. Katia Lanero Zamora raconte une histoire de famille en plein conflit, l’histoire de deux frères pris dans une période très difficile. Le roman parle ainsi de l’Histoire, de sa marche implacable au détriment de tout. C’est un sujet délicat mais extrêmement bien traité par l’autrice qui arrive à poser son thème, ses personnages dans un roman bien construit et au ton juste. Une seule chose reste à dire: elle arrive quand la suite ??????

Ce premier tome de La machine de Katia Lanero Zamora est ainsi une très belle lecture racontant une histoire tragique et délicate avec le ton juste. Le roman est rythmé comme il faut avec une écriture fluide, des personnages bien campés et attachants. Une belle réussite qui donne envie de connaitre la suite rapidement.

Autres avis: Ombrebones, l’ours inculte , Yuyine, Boudicca,

L’acheter chez un libraire (sans aucun frais supplémentaire):

En papier

En numérique

Autrice: Katia Lanero Zamora

Édition: Actusf

Parution: 19/02/2021

Nés dans le confort de la famille noble des Cabayol, Vian et Andrès étaient deux frères inséparables.

Mais dans un pays en guerre dans lequel non seulement la révolution gronde mais où les anciens royalistes fourbissent leurs armes pour renverser la République, ils vont devoir choisir leur camp…

Grande fresque familiale où les bouillonnements politiques rejoignent les errements intimes, La Machine est une œuvre forte, absolue et puissante.

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