Matrix Resurrections

Quand en août 2019, la Warner Bros a officialisé le quatrième film de la saga Matrix, cela a eu l’effet d’une bombe, surtout que Keanu Reeves et Carrie Anne-Moss furent annoncés au casting, dans leurs rôles de Neo et de Trinity, précédemment morts à la fin de Matrix Revolutions. D’abord septique, puis curieuse, j’ai eu envie de revoir la trilogie pour savoir si j’aurai envie de voir ce nouvel opus. J’avais tellement aimé le premier Matrix à sa sortie en 1999, marquée par ses images, son style particulier, son univers et ses effets si spéciaux. Les deux suites m’avaient moins plu certes, mais restent de très bons films avec des scènes marquantes: la course poursuite sur l’autoroute de Matrix Reloaded ou encore l’attaque de Sion dans Matrix Revolutions. Je suis donc allée voir Matrix Resurrections sans y mettre trop d’espoir, mais avec le plaisir de retrouver ces personnages devenus mythiques.

Le film est réalisé par Lana Wachowski, seule aux commandes cette fois-ci, et scénarisé par Lana Wachowski, Aleksandar Hemon et David Mitchell. Au casting, on retrouve Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, mais Morpheus et Smith ont changé de visages.

De quoi ça parle?

Le temps a passé et Neo et Trinity sont vivants. Thomas Anderson (alias Neo) semble ne plus se souvenir de rien. Il vit à San Francisco où il est concepteur de jeux vidéo mondialement célèbre. Il est solitaire, plutôt mélancolique et raconte ses soucis à son psychiatre. Au coffee-shop près de son bureau, il croise une certaine Tiffany (Carrie-Anne Moss) qu’il a le sentiment de connaître.

Un air de déjà vu et un film déséquilibré

Le film joue clairement sur l’effet de déjà vu en intégrant des passages des précédents films et cela dès la scène d’ouverture. Mais cela a une visée tout autre que de faire du neuf avec du vieux. Au contraire, le film réutilise son passif en utilisant le second degré et en dénonçant le diktat des suites et licences que l’on retrouve à Hollywood depuis de nombreuses années. La suite est intégrée dans le scénario de manière ingénieuse avec plusieurs idées géniales. On se croirait dans un programme cyclique qui tourne en boucle avec les mêmes éléments. Toute la première partie du film est vraiment bien faite, gorgée d’humour et prenant ses distances avec le mythe tout en l’assimilant. Keanu Reeves est bluffant dans son rôle de Thomas Anderson à la fois désabusé et déboussolé. La mise en abyme est réussie, les plans et les séquences jouent avec le spectateur, le faisant osciller entre réalité et matrice.

Puis dans la seconde partie, les choses se gâtent un peu avec une histoire qui devient plus traditionnelle, et surtout manque de véritables enjeux. Il faut dire que dans la trilogie, Neo et Trinity devaient sauver l’humanité, alors la quête de Neo dans cet opus fait un peu pâle figure. Pourtant, Matrix Resurrections est un hymne à l’amour, avec des personnages qu’on a adoré et qu’on aime revoir, mais cela manque un peu de quelque chose. On ressent une impression de vide à certains moments, impression camouflée comme dans Matrix Reloaded par des nouveaux termes et concepts et des passages souvent verbeux. Il faut être bien concentré pour s’y retrouver dans les nouveaux termes qui abondent et peuvent déranger le spectateur par moments, qui doit s’accrocher pour tout comprendre. Surtout qu’on a un peu l’impression que cela cache le peu de véritables explications.

L’histoire tourne autour du couple Neo et Trinity, les nouveaux personnages sans être mauvais sont plutôt invisibles hormis Jessica Henwick dans le rôle de Bugs. Le nouveau Morpheus est loin d’avoir le charisme de l’ancien ni son importance, il joue plutôt sur le côté clown. Visuellement, le film est réussi, on retrouve la même identité que la trilogie, en plus aboutie. Par contre, les combats sont loin d’atteindre la réussite des premiers films et leurs chorégraphies sont loin de la beauté d’antan. Ils sont plus brefs, filmés à l’épaule en plans rapprochés et donnent une impression brouillonne, on a du mal à suivre ce qui se passe. Mention spéciale à la scène dans le train, bordélique au possible. La mise en scène est dynamique et on ne voit pas passer les deux heures et demi du film, saupoudrées d’un humour piquant.

Matrix Resurrections n’est certainement pas aussi bon que Matrix, mais on prend néanmoins plaisir à suivre le lapin blanc dans ses pérégrinations virtuelles au fin fond de la matrice. La première partie du film regorge de très bonnes idées, d’humour et de second degré. Même si la suite du film n’est pas du même niveau, on est heureux d’avoir passé un nouveau moment en compagnie de ces personnages devenus légendaires, et d’avoir pris la pilule rouge.

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