La Dissonance de Shaun Hamill

En 2019 Shaun Hamill se faisait connaître dans le monde de la littérature de l’imaginaire avec un excellent premier roman, Une cosmologie de monstres, publié chez Albin Michel Imaginaire. On ne change pas une équipe qui gagne, ainsi l’auteur et l’éditeur reviennent avec La dissonance qui vient de paraître fin avril.

La dissonance est un roman choral, dans lequel plusieurs narrateurs alternent, et qui se déroule à 2 époques différentes. Durant l’été 1996 à Clegg, petite ville du Téxas, 4 jeunes amis de toujours, Athéna, Erin, Hal et Peter vont faire une découverte qui va bouleverser leur vie: la magie existe. Enfin, une forme de magie appelée la dissonance, et qui a la particularité de se nourrir de la douleur et des sentiments négatifs. Il se trouve que tous les 4 ont en commun des situations difficiles et que les sentiments négatifs, ils connaissent bien. La seconde époque est beaucoup plus récente, et nous emmène en 2019 où trois des personnages reviennent à Clegg pour la commémoration d’un évènement tragique de la ville, les amenant à affronter leur passé.

Le récit va alterner entre les deux époques avec des protagonistes principaux adolescents à la fin des années 1990 et les mêmes devenus adultes en 2019. Ce procédé rappelle Ça de Stephen King. Shaun Hamill utilise les mêmes codes de nostalgie, dépeignant des années 90 plus vraies que nature. Les références à l’imaginaire sont d’ailleurs assez nombreuses avec un personnage s’appelant M.Marsh, vieux professeur strict rappelant Lovecraft, la mention de Conan le barbare également. Pourtant, en utilisant toutes ces références et une narration à deux époques, Shaun Hamill arrive tout de même à créer un univers original, en partie grâce à la magie décrite, tirant sa substance de la souffrance. On se prend très vite au jeu, et on a de suite très envie d’en apprendre plus sur cette magie, sur la manière dont elle évolue, sur toutes les possibilités offertes. En effet, le spectacle est au rendez-vous et ce dès le début. L’histoire est dense, les rebondissements nombreux, le roman est épais (600 pages) et pourtant les pages défilent vite. Le dernier quart du roman entraîne le lecteur dans des rebondissements haletants et se lit d’une traite, la plume de l’auteur étant très efficace.

On a parfois l’impression que Shaun Hamill en fait trop (quelques longueurs, des clichés, une fin un peu expédiée en comparaison du reste, certaines facilités). C’est parfois limite mais il arrive toujours à ne pas franchir la ligne et à rester dans une histoire très prenante. Une des grandes réussites est les personnages principaux, très bien écrits avec chacun sa part d’ombres et de qualités morales. On se prend vite d’affection pour eux, pour leurs liens si particuliers, pour leurs histoires. Le lecteur trouve vite un personnage auquel s’identifier tellement ils sont crédibles et réussis. L’amitié qui les lie est au centre du roman, elle fait que le récit fonctionne et rend la lecture séduisante.

La Dissonance est un roman très prenant, aux personnages forts réussis et attachants. Le roman est dense, avec de nombreux rebondissements. Une fois terminé, on quitte à regret cet univers et ses protagonistes dont on sent le potentiel pour de futures aventures. Même s’il n’est pas aussi réussi que Une cosmologie de monstres, cela reste une bonne lecture.

Autres avis: Outrelivres, Les blablas de Tachan, Quoi de neuf sur ma pile,

Auteur: Shaun Hamill

Éditions: Albin Michel Imaginaire

Traduction: Benoît Domis

Parution: 30 avril 2025

Quand ils étaient adolescents, dans la petite ville de Clegg, au Texas, Athena, Erin et Peter, ont appris à maîtriser la Dissonance, une magie qui exploite les émotions négatives – isolement, colère, mal-être, jalousie… Hal, leur ami, s’est quant à lui découvert capable de se projeter dans un lieu a priori inaccessible : le Temple de la Douleur.
Puis un drame les a séparés et les trois survivants se sont dispersés à travers le pays. Sans doute pour oublier, passer à autre chose.
Vingt ans plus tard, prisonniers de vies banales, les voilà invités à retourner à Clegg pour clore le chapitre le plus douloureux de leur existence. La Dissonance leur permettra-t-elle d’éviter une nouvelle tragédie ou, au contraire, accélérera-t-elle l’inévitable ?

4 commentaires

  1. Oui, tu le cernes bien, il flirte sans cesse avec le trop mais on y retourne quand même. Et si ce n’est pas parfait, on prend plaisir à les suivre et à découvrir leur destinée.
    Je suis encore plus curieuse de découvrir la Cosmologie maintenant ^^

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