
Lou Jan avait publié en juin 2023 La Machine à aimer aux éditions Critic. Le roman se déroulait dans un univers futuriste où les progrès scientifiques étaient très importants et les robots intelligents programmés avaient vu le jour. Le livre vient de sortir en poche chez J’ai lu début avril. L’autrice revient au même univers, toujours chez Critic, avec son nouveau roman, Un corps d’avance.
En 2230, les avancées technologiques et médicales permettent à tout le monde de rester infiniment jeune et de garder l’apparence de ses 20 ans. Il y a des conditions à cette jeunesse « éternelle ». Dix vies sont permises, chacune de 75 ans, et à chaque nouvelle vie il faut repartir à zéro en coupant tous les liens avec son passé. Changer de vie, de travail, de pays, abandonner sa vie passée: telles sont les obligations de ces resets. Pour chaque nouvelle vie, ils peuvent choisir de perdre la mémoire ou de se souvenir de leur ancienne vie. Tout le matériel intellectuel nécessaire à leur nouvelle vie leur est implanté, et en avant pour 75 nouvelles années. Jinseï, un homme japonais, est arrivé à la fin de sa première vie. Il choisit de garder sa mémoire et part en France, plus précisément à Lyon, pour débuter sa nouvelle portion de vie.
Au travers de l’histoire de Jinseï, on peut s’imaginer comment on ferait à sa place: garder ou non sa mémoire, accepter les règles ou non. Dans ce monde, tout est fait pour la satisfaction des humains. Les dérèglements climatiques ne sont plus un problème, les gens s’étant rendu compte de l’importance de les régler, étant donné leurs répercussions sur leurs vies suivantes. Le virtuel est encore plus présent que maintenant, tout est fait pour le plaisir et la joie de chacun, mais toujours de manière réglementée. Les naissances par exemple ne sont possibles que lorsqu’un décès a eu lieu. Les androïdes permettent aux plus aisés de mener la vie qu’ils veulent. Lou Jan pose les limites de ces technologies, et des réflexions sur cette société vouée entièrement à la satisfaction humaine en racontant l’histoire de Jinseï.
Le récit est divisé en plusieurs parties et points de vue. On suit quelques personnages. Les différents chapitres sont séparés par des interludes qui viennent éclairer l’histoire sous un nouveau jour. Le roman est court, la lecture est fluide, le style agréable. J’aurai cependant aimé que les réflexions sur les technologies ainsi que sur les modes de vies soient un peu plus poussées, l’autrice se focalisant un peu trop sur les sentiments des personnages à mon goût.
Un corps d’avance pose ainsi des questionnements sur le prix à payer pour la jeunesse éternelle, sur la manière dont chacun ferait des choix difficiles au travers de plusieurs destins de personnages. La lecture est fluide, agréable et rapide mais un peu trop courte.
Autres avis:
Autrice :
Éditions: Critic
Parution: 16/04/2025
Ah, garder toute la vie l’apparence de ses 20 ans ! En 2230, c’est un rêve devenu réalité. Le traitement garantit même dix vies de bonne qualité, à la condition d’opérer un reset au bout de 75 ans pour repartir à zéro en coupant tous les liens avec son passé. Certes, on manque un peu de recul sur la technologie, mais personne ne s’en est encore plaint. Alors que Jinseï vit son premier reset, tiraillé entre un passé avec lequel il a interdiction de renouer et un présent où tout est à reconstruire, il découvre peu à peu les embûches et les limites de ce pacte aux relents faustiens.
Je devrais le lire bientôt. On verra si j’ai le même ressenti et si, comme toi, j’ai l’impression que ma lecture passe trop vite.
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Il me tarde de savoir ce que tu en auras pensé 🙂
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Et à moi donc 😉 !
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Je te rejoins cela aurait pu être plus poussé mais je salue vraiment l’ambiance morose du titre ainsi que son utilisation d’un transhumanisme mêlé de fantastique.
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Je suis d’accord avec toi sur ce point c’est vrai. Mais les questionnements étaient très intéressants et ça aurait pu être très bien de les pousser un peu
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J’avais failli acheter La machine à aimer lors d’un salon, mais je n’avais pas franchi le pas parce que j’avais eu une impression que je retrouve dans ta chronique, celle de bonnes idées mais où les sentiments prendraient un peu trop le cas à mon goût..
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En effet c’est bien le cas.
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Ca avait l’air intéressant mais si c’est trop sur les sentiments ça va me frustrer, donc, next.
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Tu peux aller voir d’autres avis aussi pour te faire une meilleure idée 🙂
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