Isolation de Greg Egan

Isolation, dont le titre original est Quarantine, est un roman de Greg Egan paru en 1992. L’auteur le considère comme son premier roman, bien qu’il en existe un précédent. Le roman a été publié en France chez Denoël dans la collection Lunes d’encre en 2000, puis au Livre de poche en 2003. Depuis, le roman était épuisé et les éditions Le Bélial’ ont sorti une réédition de cet ouvrage, qui vient de paraître en février.

Le 5 novembre 2034 s’est produit un événement qui a marqué la planète de manière très importante. En effet, les étoiles ont disparu du ciel, seules étaient visibles les planètes du système solaire. L’explication arriva vite: le Système Solaire a été enfermé dans une Bulle qui l’empêche de percevoir l’univers extérieur à celle-ci. Les origines de la Bulle restent inconnues, même si l’opinion la plus répandue est qu’elle a a été érigée par des extraterrestres pour nous isoler, nous protéger ou protéger les autres de nous. Après plusieurs années de flottements, de peur face à la Bulle, l’humanité a suivi son chemin et les technologies ont fait un grand bon en avant, surtout du côté des implants cérébraux appelés des « mods ». Ces derniers sont capables de booster les aptitudes intellectuelles, ou encore de bloquer certaines émotions.

Nous sommes maintenant en 2068. Nick Stavrianos, un privé et ancien policier, est engagé de manière anonyme pour retrouver Laura Andrews. Cette dernière a disparu dans des circonstances mystérieuses de la maison de santé de Perth où elle était prise en charge. Encore plus étrange: Laura est gravement handicapée mentale, au point de ne rien pouvoir faire seule. Nick accepte l’affaire et commence à mener son enquête.

Isolation est narré à la première personne du singulier par Nick. Le début du roman est une enquête matinée de cyberpunk et par certains côtés fait penser à Shutter Island. Le lecteur se pose plein de questions au fur et à mesure des découvertes de Nick, émet des hypothèses comme dans toute intrigue de roman policier. La première partie du roman est ainsi très prenante et parfaitement compréhensible.

Puis un changement complet s’opère dans la seconde partie du roman, au point qu’on a presque l’impression de lire un autre livre, avec un personnage différent alors que pourtant Nick est toujours le narrateur. Cette seconde partie devient de la Hard SF où l’auteur construit son intrigue en s ‘inspirant du phénomène de réduction du paquet d’onde. Certains passages sont assez ardus et il faut un peu s’accrocher. Pourtant cela en vaut largement la peine car c’est véritablement vertigineux. Le récit fait penser par certains côtés à la nouvelle L’Assassin infini dans Axiomatique pour les nombreuses possibilités évoquées par le récit et pour l’infinité de mondes possibles. Greg Egan aborde de nombreux thèmes dans Isolation. On y parle d’identité et de choix à l’heure où les implants neuronaux règnent en maître, de folie religieuse et de libre arbitre.

Isolation est un roman brillant, qui donne le vertige. La première partie installe l’univers et propose une enquête dans un futur ultra-technologique. La seconde partie malgré quelques passages où il faut un peu s’accrocher s’oriente vers la hard SF. Greg Egan un auteur qui fait peur certes, mais un auteur éblouissant qui joue avec des concepts scientifiques pour en faire des intrigues de romans passionnantes.

Autres avis: Gromovar, FeydRautha, Apophis, Weirdaholic, le syndrome quickson,

Auteur: Greg Egan

Éditions: Le Bélial

Parution: 15 février 2024

Nick Stavrianos avait huit ans quand les étoiles se sont éteintes – le 5 novembre 2034, il y a trente ans. Depuis, le Système solaire est confiné au sein d’une sphère titanesque le coupant du reste de l’univers : la Bulle. Après la sidération initiale, l’humanité, résiliente, a repris sa marche en avant malgré l’incommensurable artefact. Et si l’astronomie n’est plus désormais qu’un souvenir, la science a connu d’énormes avancées du côté des implants cérébraux. Aujourd’hui détective privé, Nick Stavrianos est missionné pour découvrir comment une femme, plongée dans un coma végétatif depuis des décennies, est parvenue à quitter sa chambre d’hôpital, fermée et surveillée, avant d’y revenir. Une énigme dont la réponse semble se trouver au cœur des rues sombres de la Nouvelle Hong Kong, enclave australienne devenue le paradis des entreprises de biotechs. C’est alors que Stavrianos est enlevé par l’Ensemble, une organisation dont il découvre bientôt qu’elle mène des recherches destinées à élucider le plus singulier des mystères, celui de la Bulle… et que lui-même pourrait bien avoir un rôle à jouer dans tout cela.

Cette chronique fait partie du Challenge Hivernal des Histoires Courtes de SFFF – Saison 1

4 commentaires

Laisser un commentaire