
Le Monde de Julia est un roman écrit à 4 mains par Ugo Bellagamba et Jean Baret, et publié par Mnémos label Mü. Dans les remerciements, Ugo Bellagamba, également enseignant en Histoire du droit, explique que ce roman s’est edifié en lui pendant de nombreuses années. Jean Baret, avocat et écrivain, l’a rejoint plus tard dans l’écriture de ce roman initiatique et fable philosophique.
À une époque indéterminée dans le futur, dans une terre post-apocalyptique, divers clans se partagent le monde. Chacun a sa conception bien à lui de la manière de recréer les fondements de la société en lien avec des principes issus d’œuvres de la pop culture, allant de Fight Club à Terra Ignota en passant par Brazil. En parallèle, la petite Julia vit loin de tout, dans une montagne en compagnie de Roland 17, un robot qui lui sert de précepteur auquel ses parents l’ont confiée avant de disparaître. Roland lui sert d’enseignant, la protège et est sa seule compagnie dans ce monde étrange que Julia ne connaît pas vraiment. Malheureusement, les batterie de robot ne sont pas éternelles et quand celle de Roland rend l’âme, Julia se retrouve seule. Elle va alors partir explorer le monde.
L’idée du monde composé de tribus aux règles Geek et Pop Culture est originale et apporte de l’humour dans un contexte général qui n’est pas vraiment drôle. Les différents clans s’affrontent autour de leurs idées, persuadés de pouvoir reconstruire ainsi une société parfaite. Le lecteur s’amuse à essayer de retrouver les divers références à notre culture tout en réfléchissant sur la justice, les lois, et le monde. Le roman est court, se lit vite grâce à la plume poétique, décalée, fluide et mordante des deux auteurs. Pour ceux qui ont déjà lu des œuvres des deux écrivains, on reconnaît assez vite leurs différents styles. L’univers proposé est haut en couleurs et décalé. Chacun y cherche sa place, et veut le comprendre. Le roman parle de droit, de l’identité individuelle dans la société, de philosophie.
Toutes ces thématiques sont très intéressantes mais elles sont également pointues. Elles ne parlent pas forcément à beaucoup de monde et le récit prend par moments des airs de démonstration didactique plutôt que de roman. La narration suit deux fils séparés, celui de Julia et celui d’un groupe de personnages s’intéressant aux lois des clans. Le problème est que ces deux fils ne s’imbriquent pas entre eux, sauf à la toute fin du roman. C’est dommage tant on a l’impression de lire deux histoires séparées. La partie consacrée à Julia a un sens, elle se conclu de très belle manière. L’autre partie ne change rien à ce qui est narré. Elle apporte humour et second degré ainsi qu’un cadre à l’univers, mais l’accumulation de références devient un peu « too much ». Il aurait été mieux d’imbriquer les deux fils narratifs plus tôt, de donner une véritable dimension romanesque au roman.
Le Monde de Julia est ainsi une fable philosophique dystopique. C’est aussi un roman amusant et poussant à la réflexion. Les références à la pop culture sont nombreuses et apportent humour et fraîcheur. Mais les thématiques sont pointues et risquent de ne pas attirer beaucoup de lecteurs, d’autant plus que les auteurs semblent avoir mis de côté la dimension romanesque du livre.
Autres avis: touchez mon blog, Gromovar,

Auteurs: Ugo Bellagamba et Jean Baret
Éditions: Mnémos collection Mü
Parution: 12/04/2023
Le monde s’est fracturé en une multitude de tribus qui tentent, à leur manière, de reproduire des schémas permettant de faire société. Chacune d’elle croit en ses règles, issues de romans ou de films, et les conflits sont légion.
Éloignée du chaos ambiant, Julia vit dans la montagne avec sa nourrice. Au décès de cette dernière, elle décide de retrouver ses parents qui, quelques années auparavant, l’ont abandonnée pour la protéger. Commence alors un voyage philosophique accompagné d’un faucon qui deviendra son tuteur et l’initiera à l’esprit des lois.
Dans le même temps, un groupe de chercheurs tente des expériences sur les tribus voisines pour comprendre et dessiner ce qui constituera la première pierre d’une société parfaite.
Noté 😊 !
J’ai une future commande de livres qui va devenir hallucinante (surtout pour ma pauvre CB 😳😮💨)…
Le descriptif est assez accrocheur 😉😃
James Jones
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Désolée pour ta CB 😉
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Merci beaucoup pour elle 🤣😁, elle a l’habitude 😁
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[…] lectures : CélineDanaë (Au Pays des Cave Trolls) – Touchez mon blog – Gromovar […]
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[…] Ma chronique : Dans un avenir post-apocalyptique, la petite Julia est protégée et élevée par un robot, Roland17 ; tous deux vivent isolés dans la montagne. Loin de là, Darius, un adulte, appartient à un clan qui en côtoie d’autres dans les ruines de la civilisation, clans qui représentent des modèles de sociétés différents dans un environnement dystopique où les confrontations sont possibles.Ce court roman est un conte de philosophie juridique, sur le modèle du monde de Sophie. La jeune Julia grandit et, sous la houlette de Roland 17, elle explore les concepts de liberté ou d’égalité, ainsi que des principes juridiques de base comme le droit naturel, en prenant référence sur la mythologie antique ou l’histoire des idées. Darius, quant à lui, doit traverser les autres clans qui se réfèrent à des livres anciens (nos livres de science-fiction d’aujourd’hui) et qui ont fondé des communautés d’après des préceptes inspirés de romans, préceptes qu’ils ne comprennent pas toujours, voire dont ils ignorent que ce ne sont que des inventions d’écrivains ou de réalisateurs de films.Construit sur des chapitres courts alternants les aventures de Julia et de Darius, le principe du roman est séduisant, même si parfois il n’échappe pas à l’écueil du catalogue (notamment les clans et leurs modèles de société que cite Darius). L’arc narratif de Julia est attrayant, car il est souvent empreint de poésie et de simplicité, ce qui n’empêche pas de décrire quelques concepts juridiques fondamentaux. Des grands penseurs y font une apparition dans ce qui prend l’allure d’une fable.L’histoire de Darius, quant à elle, ne manque pas d’ironie, notamment grâce aux références culturelles SF détournées, mais elle n’évite pas, quelquefois, l’artificialité : on comprend qu’elle n’est qu’un outil pour présenter certains concepts, au détriment du scénario lui-même dont on ne sait pas où il va ni pourquoi.La conclusion utilise des fondamentaux de la SF avec intelligence, si on oublie Robespierre qui plaide en sa faveur sans être contredit.Un court roman intéressant par son concept, dont les défauts sont visibles, mais qui s’évertue à présenter les grands principes juridiques pas toujours connus du grand public.Autres chroniques dans la blogosphère : Gromovar, lenocherdeslivres, Célinedanaë, […]
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