Le courage de l’arbre de Léafar Izen

Le courage de l’arbre est le nouveau roman de Léafar Izen publié chez Albin Michel Imaginaire, deux ans après La Marche du Levant. C’est un roman de science-fiction, et plus particulièrement un space opera. La superbe couverture a été réalisée par Manchu.

Le Courage de l’arbre se situe dans un avenir très lointain, dans lequel l’humanité a colonisé la galaxie tout en ayant perdu la localisation de la Terre des origines. Pourtant, les humains n’ont pas trouvé d’autres formes de vie intelligentes, mais simplement des animaux et végétaux. L’expansion sur d’autres mondes a été possible grâce à une découverte prodigieuse, le Phytoïde de Katz. C’est un arbre mystérieux dont on ignore la nature exacte et qui peut s’implanter partout sans nutriment particulier. En plus, les phytoïdes produisent tout ce dont les humains ont besoin pour terraformer une planète en plusieurs siècles. Planter des forêts de phytoïdes sur une nouvelle planète permet de la rendre habitable à longue échéance. Les phytoïdes ont ainsi permis à l’humanité de survivre en colonisant et terraformant de nouvelles planètes.

Concernant les déplacements entre mondes, une nouvelle technologie basée sur la manipulation du champ gravitationnel local les a rendu possible à très grande vitesse. L’évolution des technologies a aussi permis la création d’un réseau de communication global appelé l’Egrégore, sorte d’Internet en encore plus poussé. Tellement puissant que l’Egrégore permet de synchroniser les vies n’importe où on se trouve et qu’il est devenu le nom de la civilisation actuelle, les humains étant des homo-egregorius. Cela a également donné un transhumanisme courant puisque tout le monde est équipé d’un implant neuronal, relié à l’Egrégor. Cet implant a permis l’invention de l’imago, sorte de double dans la matrice. L’imago permet aussi de stocker les souvenirs, les vies entières et de les conserver en cas de décès des individus. Ils seront ensuite transférés dans un corps d’emprunt ou un clone selon les désirs et fortunes des individus. La mort n’est plus une fin en soi.

Voilà pour les grandes lignes de l’univers développé par Léafar Izen. Il est riche, avec des concepts certes déjà vus mais organisés de belle manière, sans trop d’explications, ni de hard science. Léafar Izen nous entraine dans son intrigue comme si l’univers était familier au lecteur. De plus, les concepts scientifiques sur lequels reposent l’univers sont assez nombreux. On comprend les différents éléments grâce aux agissements des personnages et aux dialogues. L’immersion au début est un peu difficile du fait des termes propres à ce monde et aux différents concepts. Cependant, une fois ce pas franchi, on rentre facilement dans l’histoire grâce à un rythme très entrainant. Le roman reste abordable et parfaitement lisible pour les non scientifiques mais il faudra juste passer le cap du début et des différents termes employés.

Le roman raconte l’histoire de Thyra, une jeune ethnologue effectuant des recherches sur un peuple ayant décidé de se couper de la technologie et vivant dans un état « primitif ». Mais l’Egrégore lui ordonne de tuer un membre de cette civilisation sans aucune véritable explication. Bien entendu, Thyra ne peut s’y résoudre, et la jeune femme va se retrouver en fuite avec Humk, celui qu’elle devait tuer, et Roonis, un ami. L’intrigue en elle-même n’est pas le plus intéressant du roman, on devine assez facilement certains éléments. Néanmoins, l’auteur gère très bien le rythme du récit ainsi que son aspect divertissant mêlé de réflexions.

La lecture du roman s’avère très agréable, en partie grâce au style fluide de l’auteur, aux différents rebondissements et aux thématiques traitées comme l’hyper-connectivité, les choix de vie ou encore la quasi immortalité offerte aux personnages. Ces derniers sont bien construits et évoluent tout au long du récit. J’ai eu un peu de mal avec Thyra au début du récit, ses réactions étaient un peu forcées, mais un changement au milieu du roman fait bien progresser son caractère.

Le courage de l’arbre se révèle ainsi un roman fort différent de La Marche du Levant au niveau univers, mais avec pas mal de similitudes dans les thématiques et manière de les traiter. La plume de Léafar Izen s’affirme tout comme le rythme du récit. Malgré quelques petits défauts et une fin trop rapide, le roman est une très bonne lecture inscrivant Léafar Izen dans les écrivains à surveiller de près.

Autres avis: L’épaule d’Orion, Apophis , Sometimes a book, le nocher des livres, François Schnebelen (Yozone),

Auteur : Léafar Izen

Éditions: Albin Michel Imaginaire

Parution: 20 avril 2022

Un space opera d’une puissante originalité qui interroge notre hyper connectivité et notre rapport à l’environnement.
Grâce au Phytoïde De Katz, arbre prodigue et mystérieux, l’humanité a conquis une bonne partie de la galaxie. L’Égrégore, un réseau de communication tentaculaire, synchronise le temps des Hommes et fait vibrer leurs âmes sur-connectées au son du même diapason. Recluse dans la jungle artificielle du plateau d’Okodrée, Thyra, une jeune ethnologue, étudie un peuple retourné à l’état primitif à la suite du naufrage de ses lointains ancêtres. Aux antipodes de cette petite lune, dans la banlieue d’une cité minière, Roonis bricole et fait trafic de divers gadgets « psyentifiques ». La vie suit paisiblement son cours, jusqu’à ce que les énigmatiques instances égrégoriennes exigent l’impensable : le meurtre d’un vieil autochtone. Ce crime, la jeune chercheuse ne peut s’y résoudre. Accompagnée de Roonis, traquée par l’Egrégore, Thyra embarque alors dans une incroyable aventure interstellaire.

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