Le Jeu de la Dame: 3 raisons de regarder …. ou pas

Le Jeu de la dame est une mini-série américaine en sept épisodes (entre 45 min et 1h10). Elle a été créée par Scott Frank et Allan Scott et est disponible depuis fin octobre sur Netflix. Le titre original de la série est The Queen’s Gambit (le nom d’une ouverture d’échec) beaucoup plus en accord avec le thème. La série est adaptée du roman du même nom de Walter Tevis publié en 1983, puis en France en 1990 chez Albin Michel et en poche en 1993 chez 10/18. Côté casting, on retrouve Anya Taylor-Joy (vu entre autre dans Split de M. Night Shyamalan) dans le rôle principal de Beth Harmon, Thomas Brodie-Sangster (Le labyrinthe, Game of thrones) , Harry Melling (Dudley dans Harry Potter, il a pas mal changé depuis) et Moses Ingram.

• De quoi ça parle? :

La série raconte le destin de l’américaine Beth Harmon, prodige des échecs, depuis son enfance difficile au milieu des années 50 à sa vie de jeune femme dans les années 1960. On suit le parcours de Beth pour devenir la meilleure joueuse d’échecs du monde en même temps que sa lutte contre sa dépendance aux médicaments et à l’alcool.

Les points positifs (Cette série est pour vous si ):

– la série présente un personnage féminin très bien construit sans avoir peur de montrer ses fêlures. Beth est une jeune fille ayant grandi dans un orphelinat à partir de ses 9 ans. Là elle va connaitre 2 éléments qui auront une grande importance dans sa vie future: les pilules, «vitamines» distribuées à l’orphelinat et les échecs. Le scénario suit ainsi Beth dans sa passion dévorante pour ce jeu qu’elle maitrise à la perfection tout en montrant les nombreux problèmes qu’elle rencontre. Son passage à l’orphelinat lui laissera de nombreuses séquelles autant sur le plan relationnel que sur le plan des addictions. Beth est un génie des échecs, une jeune femme très intelligente, tendance surdouée. Mais elle a une personnalité abîmée, un caractère atypique qui lui nuit dans ses relations avec les autres. De plus, le milieu où évolue Beth est quasiment exclusivement masculin, ce qui rajoute à la difficulté pour Beth de s’y faire une place. Les obstacles vers le succès dans les échecs et vers son bien-être personnel sont nombreux. Beth est un personnage très intéressant à suivre, elle est à la fois froide et indifférente à beaucoup de choses et en même temps passionnée et attachante. De plus, le personnage est mis en valeur par la magistrale interprétation de Anya Taylor-Joy qui lui confère charisme et sensibilité. Le reste du casting est d’ailleurs également à souligner, particulièrement Harry Melling et Moses Ingram.

– le rythme de la série monte en puissance à l’image du parcours de Beth. La série est courte, seulement 7 épisodes mais cela est juste ce qu’il faut en intensité et en contenu. Le scénario global est cohérent, soigné. La mise en scène impeccable avec un dosage parfait entre vie personnelle de Beth et parties d’échec. Les épisodes sont tournés comme des séquences d’un film et suivent la fulgurante ascension de l’héroïne. Lors de son enfance et début d’adolescence, tout parait terne à Beth hormis les échecs, cela correspond à l’atmosphère grisâtre de l’orphelinat. Dès que Beth commence la compétition et change de foyer, le rythme change en même temps que le cadre. Les décors et les costumes, tout comme la reconstitution des années 60 sont d’ailleurs parfaitement rendus à l’écran. Au fil de ses tournois, Beth se rend peu à peu compte de l’impact qu’elle a sur les autres qui se préoccupe d’elle.

– les thématiques traitées sont passionnantes. La série parle des échecs et du parcours chaotique d’une joueuse. Au travers de Beth, on peut voir à quel point le parcours d’un génie peut être semé d’embuches et extrêmement difficile. On voit le revers de la médaille avec tout ce que cela implique. La série parle ainsi d’addiction, de solitude et de féminisme. Elle montre également la réalité des joueurs d’échec passionnés. Le travail fait autour du jeu est aussi à souligner. On apprend beaucoup d’éléments comme les noms des ouvertures, les différentes stratégies, la manière de jouer en tournoi. La manière de filmer les différentes parties est chaque fois différente afin de montrer la richesse du jeu. On sent qu’un véritable travail de documentation a été fait. On ne s’ennuie jamais en regardant les parties, même si on ne connait pas grand chose aux échecs.

• Les points négatifs (Cette série n’est pas pour vous si) :

– Il y a assez peu d’actions, de péripéties. L’histoire tourne autour d’un seul personnage et des échecs. Il ne faut donc pas s’attendre à y trouver du suspense intense ou des rebondissements de folies. L’histoire est par certains côtés assez prévisible et classique. Si vous cherchez actions, péripéties, clairement ce n’est pas pour vous.

– le format de la série peut surprendre, c’est une mini série en 7 épisodes pas plus, pas moins. Les amateurs de longues épopées risquent d’être déçus. La série est un peu comme un long film en 2 parties et n’appelle pas de suite. Il faut s’y faire.

– Enfin si vous n’aimez vraiment pas les échecs ou êtes allergiques à ce jeu, clairement passez votre chemin, vous risquez fortement de vous ennuyer.

• Le mot de la fin:

The Queen’s Gambit est ainsi une excellente série servie par un casting, une narration et une mise en scène impeccables. Elle montre le revers de la médaille du génie qui peut apporter argent et renommée mais aussi de nombreux problèmes. Elle dresse un remarquable portait de femme avec ses atouts et ses défauts, sa solitude et ce qui fera son épanouissement quand elle comprendra que les échecs n’est pas seulement un jeu solitaire. Les parties d’échec apparaissent comme des combats montrant l’évolution du personnage de Beth Harmon.

Autres avis: Yuyine, Patate des ténèbres, Just a word,

11 commentaires

  1. Enfin finie la nuit dernière, j’ai beaucoup aimé. Au delà de l’histoire, je trouve la série techniquement très réussie dans ses choix de mise en scène, de décors et de cadrage. Il y a des plans fabuleux. Les personnages sont servis par des acteurs pour la plupart très convaincants. Même l’apothicaire de Lexington est extra.

    Aimé par 1 personne

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