Vent rouge de Emmanuel Quentin

Parce que parfois il faut rendre à César ce qui est au Chien Critique, il faut bien avouer que sans lui, je ne sais pas si je me serai penchée sur ce roman. Ce qui aurait été bien dommage d’ailleurs. J’avais déjà entendu parler de Emmanuel Quentin sur différents blogs, mais je n’avais encore rien lu de lui alors qu’il est l’auteur de plusieurs romans et nouvelles. Vent rouge est publié chez Critic et doit paraître mi-mars. C’est une histoire complète de type planet opera.

Futur très lointain, sur la planète Sophis vivent des humains. La planète est riche d’une histoire que ses habitants peinent à connaître à cause d’un phénomène étrange: le vent rouge. Quand celui-ci souffle, les souvenirs s’envolent et se perdent. Toute la société est fondée en lien avec les souvenirs, leurs pertes, leurs échanges car parfois certains recueillent les souvenirs d’autres durant les rafales de vent rouge. La société est pacifique et certains habitants ont la charge de garder et transmettre ces souvenirs. L’arrivée de Satia, considérée comme un Oppresseur surgi d’un passé douloureux, va bouleverser la vie de plusieurs personnes et pourrait avoir des répercutions inattendues.

La narration prend la forme d’un récit choral, se focalisant sur plusieurs personnages quasiment tous natifs de Sophis, hormis Satia donc, une humaine augmentée arrivant sur la planète pour enquêter sur un étrange artefact découvert sur un site de minage. Satia est la seule personnage à utiliser la première personne, c’est un être différent des autres protagonistes qui eux sont des non modifiés. La narration montre ainsi sa différence. Les différents personnages sont travaillés, intéressants à suivre et évoluent beaucoup au fil du récit.

La grande réussite de ce roman vient également de son worldbuilding. Emmanuel Quentin a défini toute la planète en fonction de ce vent et de son impact sur les gens. Les durées de temps par exemple sont toutes liées aux vents. La faune et la flore de la planète sont décrites, les mœurs sont différentes des nôtres. Emmanuel Quentin prend le temps de nous immerger dans ce monde tout en introduisant un élément qui vient tout chambouler et plusieurs mystères à éclaircir. Quelques aspects de l’univers plus global apparaissent également et donnent envie de retourner l’explorer plus en avant.

Vent rouge est ainsi une excellente lecture. Le worldbuilding est très réussi, les personnages également, la narration tout en finesse. On se prend vite à cette histoire très dépaysante et d’une grande richesse. De quoi donner envie d’aller découvrir les autres romans de l’auteur.

Autres avis:

Auteur:Emmanuel Quentin

Éditions: Critic

Parution: 19/03/25

Sur Sophis, tous les Vifs sont soumis au règne implacable du Vent rouge. Simple phénomène météorologique ou manifestation surnaturelle, peu leur importe, quand il souffle les souvenirs s’envolent, se mélangent, se perdent. Nul n’échappe à ses effets. Ni Anat à la curiosité insatiable. Ni Djimil et ses nouvelles responsabilités. Ni Tiqfu qui doit conserver le souvenir le plus précieux de son peuple, quoi qu’il en coûte. Pas même Satia, l’Oppresseur surgi d’un passé douloureux que les habitants de Sophis pensaient avoir laissé loin derrière eux. Le Vent rouge ne cesse de souffler, et le temps presse. S’engage alors une course à travers une jungle truffée de dangers, car l’arrivée de Satia pourrait augurer leur salut comme leur perdition.

9 commentaires

  1. J’avoue que la couverture, qui me rappelle une SF plus ancienne, aurait tendance à me faire fuir mais ce que tu dis du worldbuilding et de l’importance du vent sur l’apparence même de cette planète m’intéresse au plus haut point à l’inverse. Alors roman, noté !

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