Lord Cochrane et les montagnes hallucinées – Gilberto Villaroel

Ce nouveau tome des aventures du célèbre navigateur / explorateur / militaire vient clore le chapitre de son périple sud-américain. Il est important d’avoir lu le tome 3, Lord Cochrane et le trésor de Selkirk, pour profiter de la lecture de cet opus.Rappelons que ces deux tomes se situent chronologiquement entre le premier et le second tome déjà paru.

Attention cet avis peut contenir des spoilers, à ne pas lire si vous comptez vous plonger dans cet ouvrage prochainement.

Le livre commence presque (avec quelques courts chapitres de rappel) là où le précédent se terminait, sur un cliffhanger dans une baie très inhospitalière du Détroit de Magellan. Et on est tout de suite plongés dans le bain (glacé sous ces latitudes…) d’une enquête, à la recherche de l’équipage disparu du navire pirate (bien fantôme du coup !) du capitaine Corrochano, ennemi juré de Cochrane. Cette quête nous mène au capitaine agonisant, puis très vite au lieu recherché par les 2 hommes : l’entrée du site des montagnes hallucinées, où la petite expédition essuie l’attaque d’une nuée d’ailes noires, créatures maléfiques déjà combattues dans le premier tome par Cochrane et ses hommes. Corrochano et Glennie sont enlevés par les créatures qui les emmènent dans un gouffre. Il ne reste plus qu’aller à leur secours, ce qui coïncide avec l’exploration du site initialement prévue.

Cet opus est beaucoup plus rythmé que le précédent, qui posait l’histoire et les personnages en douceur. Ici il n’y a pas beaucoup de temps calme, l’ensemble du livre décrit la découverte d’un site et la lutte pour la survie des explorateurs. Les scènes d’actions s’enchaînent, entrecoupées de descriptions des salles, tunnels et autres cavernes traversées. Une séquence de récit permet aussi de faire une pause dans l’action. L’ambiance change plusieurs fois, mais l’auteur a du mal à bien choisir entre tout ce qu’il aurait pu faire : on démarre sur quelque chose d’inquiétant, pour basculer très vite vers l’horreur, puis l’ambiance oppressante diminue, pour aller vers de la découverte presque contemplative, avant de basculer vers la course poursuite typée action. C’est varié, mais presque trop, je n’ai pas retrouvé le souffle inquiétant de l’horreur que l’on avait pu avoir dans le premier tome. Et la répétition des scènes d’action n’apporte pas beaucoup.

On retrouve l’ensemble des personnages de la première partie, qui sont parfois un peu plus développés, et on assiste enfin à des avancées dans la relation entre Cochrane et Mrs Graham. Deux bémols pour moi : Corrochano est vraiment trop méchant, à la limite de la bêtise. Et il est difficile de craindre pour la santé mentale ou physique des principaux protagonistes vu que l’on sait qu’ils vont survivre, et avec toute leur tête. Par contre les seconds couteaux vont déguster, eux !

Niveau surnaturel, on voit que Gilberto Villaroel a voulu inscrire ses montagnes hallucinées dans une cosmologie propre, comme l’avait fait Lovecraft en son temps, et lier ainsi l’ensemble de son imaginaire à ce lieu emblématique. Cependant, je trouve que cela fonctionne moins bien, les ficelles sont un peu plus grosses. Le monde des anciens est trop fleur bleue, voire manichéen. Le côté profondément horrifique des shoggoths est l’aspect le moins réussi du livre, alors que l’auteur était parvenu à très bien teaser leur existence et leur dangerosité. Par contre comme d’habitude on relève de très nombreuses références et clins d’œil à Lovecraft (lui-même présent dans l’ouvrage…) ou à différentes œuvres fantastiques : la Chose et Alien en particulier, mais aussi des classiques comme Voyage au centre de la terre. On se retrouve souvent en territoire connu, et de ce fait moins inquiétant que la cité des anciens de Lovecraft.

Lord Cochrane et les montagnes hallucinées est donc une lecture sympathique, qui revisite une des nouvelles de Lovecraft les plus marquantes. L’auteur y a inclus sa galerie de personnages historiques et de fiction déjà croisés dans son œuvre, et nous propose un voyage au travers de cette géographie si particulière, très minérale, parfois oppressante. L’action prend souvent le pas sur le reste, mais de manière moins magistrale que dans Cochrane vs Cthulhu, tome dont il se rapproche le plus. Prochain arrêt pour Cochrane : la Grèce ?

Autres avis:

Auteur: Gilberto VILLARROEL

Éditions: Aux forges de Vulcain

Parution: 3/02/23

Lord Cochrane et son équipage découvrent une chaîne de montagnes, les Cornes du Diable, située au nord du détroit de Magellan. Cette chaîne s’avère être l’entrée d’un immense tunnel qui passe sous la Mer de Drake, et conduit jusqu’à Deception Island, dans l’antarctique. L’audacieux marin assemble son prototype de machine à vapeur, The Rocket, à bord duquel il entame la descente vers ce monde souterrain qui fut jadis la première demeure terrestre de Cthulhu. Mais les Montagnes hallucinées ne sont pas inoccupées. Sous ces montagnes habite encore un peuple ancestral : les Anciens. De plus, une bande de pirates commandée par le capitaine Corrochano, l’ancien ennemi de Cochrane, menace The Sea Wolf et les siens…
Lord Cochrane, Maria Graham et le capitaine Eonet vont affronter des périls mortels lors de ce voyage risqué en terre inconnue !

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