Station Metropolis direction Coruscant de Alain Musset

En 2018, les éditions du Bélial’ ont créé la collection Parallaxe, qui a pour but de faire dialoguer science et science-fiction sous la plume de scientifiques de haut vol et dans des registres variés. Cette collection dirigée par Roland Lehoucq (astrophysicien et président des Utopiales ) a pour but de faire de la vulgarisation scientifique dans divers domaines, à la manière de la rubrique  » Scientifiction » de la revue Bifrost. Station Métropolis direction Coruscant d’Alain Musset est le troisième opus de cette collection et s’intéresse au sujet des villes dans la science-fiction et aux sciences sociales à travers la science-fiction et ses mégalopoles.

Les mégalopoles sont un thème très présent dans la science-fiction, que ce soit au cinéma ou en livres, au point de parfois être un personnage à part entière. Le titre de cet essai d’Alain Musset met en avant l’aspect cinéma avec à la fois Métropolis le film de Fritz Lang et Coruscant la cité-planète dans Star Wars. Le livre est divisé en découpé en quatre parties : « De la mégalopole à la monstruopole », « Castes et classes dans la ville de demain », « Géographies de la peur » et « Villes sous contrôle » commençant ainsi par la découverte de ces villes en allant peu à peu vers un aspect plus lié aux sciences sociales.

Pour appuyer son propos, Alain Musser a choisi à la fois des villes tirées d’œuvres imaginaires, mais aussi des villes réelles vu à travers le prisme de la science-fiction. Il commence par nous expliquer le concept d’urbanophobie lié à ces immenses cités, qui font toujours ressurgir les pires craintes, un sentiment d’oppression, de la violence, et le côté grouillant de la foule. Dans les œuvres de science-fiction où la ville a une place prépondérante, elle est toujours représentée de manière négative, en étant surpeuplée, sale, violente, avec une insécurité constante, et de la pollution. La mégalopole est ainsi toujours dystopique et trouve toujours son origine dans le présent, dans les grandes villes de notre monde actuel.

La seconde partie s’intéresse à l’aspect humain, avec les discriminations qui peuvent toucher les habitants des mégalopoles où les gens riches habitent dans les hauteurs, tandis que les bas-fonds sont réservés aux pauvres. Et dans ces quartiers règnent la terreur, la misère, où les hommes survivent plutôt que vivent, formant la « Géographie de la peur » comme le montre l’auteur dans sa troisième partie. La dernière partie s’attache à montrer l’impact de la technologie et de la surveillance dans les mégalopoles où l’on trouve une forme de totalitarisme.

L’ouvrage d’Alain Musset est très documenté et riche en exemples. On ressort de la lecture avec des dizaines d’idées de nouvelles lectures ou de films à visionner. L’auteur fait le lien entre la fiction et ce que nous connaissons dans les grandes villes actuelles, car la science-fiction s’appuie sur le réel et notre monde, encore plus quand il est question de mégalopoles. Il dresse un portrait du futur de nos villes peu reluisant, villes devenant des monstres tentaculaires sous le règne de la peur et de l’oppression.

Station Métropolis direction Coruscant est ainsi un ouvrage passionnant, bien construit et écrit. En s’appuyant sur de nombreux exemples à la fois du cinéma et des livres, Alain Musset étudie la représentation des cités dans les œuvres de science-fiction tout en montrant la réalité et les dérives des villes d’aujourd’hui.

Autres avis: Aelinel, Yogomaki, TMBM, Yuyine, Lune, Xapur, Outrelivres,

Auteur: Alain Musset

Éditions: Le Bélial’

Parution: 24 octobre 2019

Depuis la fameuse Metropolis de Fritz Lang jusqu’à la cité-planète de Coruscant dans Star Wars, en passant par les mégalopoles étouffantes de Soleil vert ou Blade Runner, les villes du futur, réelles ou imaginaires, semblent concentrer les maux : démesure et surpopulation, violence et oppression, pollution et ghettoïsation… La science-fiction aurait-elle peur des villes ? N’y aurait-il de salut que dans leur destruction ?
Telles sont les interrogations soulevées par Alain Musset, géographe et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, qui nous livre ici un ouvrage référencé et engagé. Alors que les prévisions indiquent que deux personnes sur trois habiteront dans des centres urbains à l’horizon 2050, il devient crucial de déterminer comment mieux habiter et vivre ensemble. Or en la matière, la science-fiction sait nous indiquer le chemin pour ne pas faire des villes un enfer sur Terre…

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