Le Messie de Dune de Frank Herbert

Les éditions Robert Laffont se sont lancées dans une réédition du cycle de Dune de Frank Herbert en procédant à une révision de la traduction effectuée par L’épaule d’Orion et Fabien Le Roy. Les 6 romans sont parus en grand format avec des illustrations signées Aurélien Police, et des versions collector sont aussi prévues. Pour le moment, les collectors des 2 premiers livres ont été publiés. On trouve dans cette révision de Le Messie de Dune un prologue inédit, et pour le collector seulement une préface de Laurent Genefort et d’une postface de Nicolas Martin.

La conclusion du cycle de Paul Atréides

Dune et Le messie de Dune sont les 2 premiers roman du cycle de Dune mais aussi les 2 où le personnage principal est Paul Atréides. Ils datent de 1965 et 1969. Le roman se déroule 12 ans après les événements relatés dans Dune. Arrakeen, capitale traditionnelle de la planète Arrakis est devenue la capitale de l’empire galactique. Paul est Empereur, après 12 ans de guerre en son nom, il est lassé du pouvoir. Il a vu la guerre sainte, les drames, les morts par milliers, mais il se sent de plus en plus seul. Pourtant il est bien entouré, mais il porte seul le fardeau du pouvoir, de son don de prescience, de ses non-choix liés à ses pouvoirs. Le roman est la fin de l’histoire de Paul Atréides, la fin d’un règne, d’une vie d’un homme qu’on a vu évoluer, la fin d’une tragédie qu’on pressent, qu’on voit venir depuis le tout début du premier roman.

Paul en tant qu’Empereur a de nombreux ennemis qui fomentent des complots contre lui. Il a épousé pour la forme Irulan, fille de l’ancien Empereur mais sa compagne est toujours Chani, la Fremen. Le fait de situer le récit 12 ans plus tard permet d’avoir de nouveaux enjeux et de voir l’évolution des personnages et comment le pouvoir les a influencé. Les complots, les trahisons sont monnaie courante dans l’univers de Dune. Cette fois, le Bene Tleilax, une organisation scientifique spécialisée en génétique qu’on avait peu vu auparavant, en fait partie et remet dans le jeu Duncan Idaho ou plutôt son ghola nommé Hayt, une espèce de clone dont la mémoire a été effacée. Le personnage est très intéressant, des bribes de ce qu’il était sont présentes et il doit lutter entre ce qu’il était et ce qu’il est devenu. Autre personnage fascinant de ce roman, Alia qui a bien grandit depuis, elle est devenue une femme et une Sainte, révérée comme une déesse. Elle prend véritablement son ampleur dans ce tome.

De Paul Atréides à l’Empereur Muad’Dib

Les questionnements sur le pouvoir sont au centre du roman. Paul est devenu malgré lui la figure d’un dieu vivant et a causé une guerre sainte qui a fait passer Hitler pour un petit joueur comme le dit si bien Paul lui-même. Avec ce second roman, Dune prend tout son sens et on comprend que Frank Herbert a voulu mettre en garde ses lecteurs contre le pouvoir et contre la religion. Paul s’est retrouvé pris au piège de son destin, de ses pouvoirs trop grands pour lui, trop puissants pour un seul homme. Pourtant, son don de prescience lui a montré tout cela depuis longtemps mais comme dans les tragédies antiques, une fois le premier pas franchi, rien ne peut empêcher l’inéluctable de se produire, le destin de Paul de se mettre en route.

Paul a énormément changé depuis les débuts de l’histoire où il n’était qu’un jeune noble tentant de tenir son rang pour le mieux. Mais la mort de son père Léto l’a conduit à fuir, à devenir un homme du désert, puis un messie, un Dieu vivant et enfin de compte un tyran, un homme froid qui semble vivre dans une bulle, symbolisant la solitude du pouvoir. On a presque du mal à le reconnaitre, tellement il ne semble plus défini que par son don de prescience, par sa fonction, son statut. Il n’est plus véritablement lui-même, il est devenu ce messie mais n’est plus un homme.

Le Messie de Dune, en offrant une conclusion au destin de Paul Atréides, le fait encore plus entrer dans une dimension de tragédie antique. Frank Herbert dénonce les dangers du pouvoir, de la religion dans une histoire de complots et dans un univers fascinant. Une suite déchirante mais qui donne tout son sens à la mise en garde de l’auteur contre le pouvoir.

Autres avis: Les blablas de Tachan, le Chroniqueur, Lorhkan, FeydRautha, Le dragon galactique,

Auteur : Frank Herbert

Édition: Robert Laffont collection Ailleurs et Demain

Traduction : Michel Demuth, révision par L’épaule d’Orion

Douze ans après sa victoire sur Arrakis, Paul règne sur un empire meurtri par une guerre sainte qu’il ne contrôle plus.
Vénéré comme un messie par ses fidèles, il est prisonnier de ses visions, incapable de mettre fin à la violence.
Quel sera le prix de la rédemption ?

3 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s