Le sang de la cité de Guillaume Chamanadjan

Le Sang de la Cité de Guillaume Chamanadjian est le premier tome d’une trilogie un peu particulière, Capitale du Sud, publiée chez Aux forges de Vulcain. En effet, l’éditeur a prévu de publier deux trilogies se déroulant dans le même univers et formant un cycle, celui de la Tour de Garde. Le Sang de la Cité inaugure le cycle avec l’histoire de la cité Gémina, la capitale du Sud et Claire Duvivier parlera de Dehaven, la Capitale du Nord dont le premier tome paraitra en octobre prochain. J’ai eu le plaisir de découvrir ce roman lors d’une lecture commune avec Lune, Aelinel et Vanille.

Le nom de la série, La tour de garde, vient d’un jeu de société pratiqué autant dans le Nord que dans le Sud, un jeu qui fait penser aux échecs car il se joue en duel et avec des figurines, mais visiblement plus complexe et certaines pièces sont très rares. Gemina est la cité des Ducs, c’est une ville portuaire immense où plusieurs clans règnent. Les maisons ducales ont toutes des emblèmes symbolisés par des animaux comme la tortue ou le dauphin. Parmi elles, se trouve la maison de la Caouane (symbolisée par une tortue) dont Nox (Nohamux est son véritable prénom), le narrateur du roman, fait partie. Le clan est dirigé par le Duc Servaint qui a recueilli Nox ainsi que sa sœur jumelle Daphné. Le Duc a découvert les jeunes enfants douze ans auparavant dans une cave proche de sa maison, les enfants étaient surnommés Les Suceurs d’Os. Les années ont passé, Daphné est étudiante mais a beaucoup de soucis psychologiques liés à la violence tandis que Nox est devenu commis d’épicerie. Le roman est un récit initiatique, celui de Nox au sein de son clan, et de la cité, et à travers lui l’histoire de l’affrontement de plusieurs maisons nobles avec son lots de complots et de manipulations.

Dans ce roman, la cité de Gémina prend vie peu à peu sous les pas de Nox et sous la plume fluide et imagée de Guillaume Chamanadjian. En tant que commis d’épicerie, Nox connait la ville sur le bout des doigts, il incarne ainsi le parfait guide pour nous faire découvrir cette cité assez typique des villes du Sud, on pense à Marseille ou des villes italiennes. C’est un véritable plaisir que de découvrir les recoins de cette ville en compagnie de Nox, de découvrir ses habitudes, ses habitants, ses quartiers, d’arpenter ses ruelles. La métropole prend ainsi corps et devient un personnage à part entière. L’auteur met également en avant le vin et la gastronomie dans son récit, des éléments typiques du Sud là encore. Au travers Nox, le lecteur découvre aussi le jeu de la Tour de Garde, un jeu très populaire dans le pays, mariant la stratégie et des figurines. Il a une place centrale dans le récit et semble renfermer un secret caché. Tout cela est parfaitement réussi, on se représente sans problème ce décor et tout ce qui le caractérise.

La cité apparait comme un élément très important de l’univers, une ville qui cache des secrets mais aussi une cité dirigée par des clans qui mènent une guerre par le biais de jeux politiques, de mariage et d’unions. Servaint veut par exemple agrandir le canal de la ville pour étendre son influence sur celle-ci. Le Duc est avide de pouvoirs et n’hésite pas à utiliser Nox pour arriver à ses fins. Nox par son travail connait beaucoup de mondes autant parmi les nobles que les artisans, et connait si bien Gémina qu’il entend son cœur, ce qu’il appelle Le Chant de la Cité. Avec Nox, on pense à Fitz dans l’Assassin Royal de Robin Hobb, il va avoir un entrainement d’un maitre combattant et assassin du Duc, qui rappelle un peu Benvenuto dans Gagner la guerre. Gémina evoque fortement la cité de Ciudala, tout comme le Ducatore a des points commun avec Servaint. Cependant, Gemina a sa personnalité propre, c’est un mélange de divers ingrédients de qualité, tout comme les personnages du roman, et le mélange prend forme, s’émancipe de ses inspirations et devient envoutant, fascinant.

Le Sang de la Cité ouvre ainsi avec brio ce projet hors norme de deux trilogies mêlées dans un univers commun. Guillaume Chamanadjian prend le temps de développer ses personnages et la cité, autant dans la vie de tous les jours que dans ses secrets et ses légendes. Ce roman donne très envie de lire la suite et de découvrir la Capitale du Nord sous la plume de Claire Duvivier. Le rendez-vous est d’ores et déjà pris pour octobre!

Autres avis: Lune, Aelinel, Gromovar, Cédric Jeanneret, Elbakin,

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Auteur: Guillaume Chamanadjian

Édition: Aux Forges de Vulcain

Parution : 16/04/2021

Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité. Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre histoire. Malgré lui, il se retrouve emporté dans des enjeux politiques qui le dépassent, et confronté à la part sombre de sa ville, une cité-miroir peuplée de monstres.

21 commentaires

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