Derniers jours d’un monde oublié de Chris Vuklisevic

Folio SF a organisé un concours pour célébrer ses 20 ans, visant à publier un premier roman français d’imaginaire. Après plus de 300 manuscrits reçus, l’heureuse élue est Chris Vuklisevic qui publie ainsi son premier roman Derniers jours d’un monde oublié. Il s’agit d’un roman de fantasy assez sombre mettant en scène la fin d’un monde.

La grande nuit a frappé ce monde, elle a laissé ses marques et conduit à l’oubli de certaines choses. Comme l’île de Sheltel, qui se trouve en plein milieu du Désert Mouillé. Erika et ses compagnons pirates sont bien heureux de trouver cette île, synonyme d’eau, de vivres et de possibles butins et surtout havre de terre après des jours et des jours passés en mer. L’arrivée des pirates dirigés par la capitaine Kreed va avoir des répercutions inattendues sur l’île de Sheltel. Les habitants de Sheltel vivaient depuis des années en reclus. Ils sont gouvernés par le Natif, un roi béni. Le fonctionnement de l’île est strict et des règles régissent la population, notamment sur le nombre de naissances et de mort. Il ne peut y avoir trop de monde sur un territoire qui ne peut s’étendre, et la consanguinité doit être éliminée à tout prix. Sur Sheltel, plusieurs personnages ont un rôle d’importance hormis le Natif : la Bénie,une prêtresse qui a de forts liens avec un vieux marchand du nom d’Arthur Pozar, et la Main, une sorcière chargée de tenir l’arbre généalogique de l’île et d’agir en cas de problème. Pour l’aider, la Main dispose de 5 Phalanges qui obéissent scrupuleusement à ses ordres.

Le roman suit trois personnages, Arthur Pozar, Erika et La Main. Trois personnages très différents, dont les destins vont se rejoindre sur cette île pendant 12 jours, des jours qui vont changer Sheltel à jamais. Ces trois personnages sont très bien construits, tour à tour touchants, violents voire cruels, pris au piège des traditions et désirant échapper à quelque chose. Les deux personnages féminins sont particulièrement réussis et passionnants à suivre. Elles sont bien crédibles, élaborées avec nuances, justesse, sans manichéisme. Pourtant dans un monde aussi âpre que l’île, il aurait été facile de basculer facilement d’un côté ou de l’autre.

L’univers décrit par l’autrice est rude, la vie y est très difficile. La Main règne en maitre sur la vie de chacun dès la naissance. En peu de pages, Chris Vuklisevic dépeint un monde à l’équilibre précaire que tout peut faire basculer rapidement. L’atmosphère est pesante, les manques, notamment en eau, se font cruellement sentir. L’arrivée des pirates ravive les tensions, la peur de l’autre qui devient forcément un ennemi, développe les inégalités. C’est l’occasion pour l’autrice d’aborder différents thèmes comme l’écologie avec la rareté des ressources primordiales à la vie, la peur des autres et l’ouverture sur l’extérieur, les méfaits du pouvoir et de la toute puissance. Des thèmes qui font facilement écho aux lecteurs tant on peut les projeter dans notre monde.

Entre chaque chapitre se trouvent des encarts qui servent à développer l’univers. On y trouve des articles de journaux, des proclamations officielles sur la situation de l’île ou encore des publicités. Ces encarts sont d’importances relatives, certains plus intéressants que d’autres, mais apportent rapidement différents éléments sur le monde. Par contre, ils sont imprimés très petits et leur lecture n’est pas très aisée.

Certains points de l’univers auraient mérités d’être un peu plus approfondis, et on serait bien restés un peu plus longtemps en compagnie des personnages de ce monde oublié. Néanmoins, Chris Vuklisevic nous offre un très bon premier roman plein de noirceurs et loin de tout manichéisme, un roman que l’on découvre avec plaisir et qui offre de belles promesses pour de prochains écrits de l’autrice.

Autres avis: Just a word, Elbakin, Lorhkan,

L’acheter chez un libraire (sans aucun frais supplémentaire):

En papier

Autrice : Chris Vuklisevic

Édition: Folio SF

Parution: 01/04/2021

Plus de trois siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

11 commentaires

  1. Ah chouette, j’aime bien les univers un peu dark ! Ça me tente, du coup. Je suis assez curieuse de ces encarts dont tu parles, j’apprécie beaucoup ce genre d’annexes qui permettent au lecteur de découvrir l’univers par d’autres biais que le récit. Et hop, dans la wish-list !

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