Le jeu de la trame de Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne

Sous cette très belle couverture se cachent en fait 4 courts romans parus initialement entre 1986 et 1988 dans la collection « Anticipation » des éditions Fleuve Noir : Le Rêve et l’assassin, L’Araignée, Le Souffle de cristal, Le Masque d’écailles. Pour cette réédition, le titre est devenu Le Jeu de la Trame, roman écrit à 4 mains par Sylviane Corgiat et Bruno Lecigne. Cette intégrale avait aussi été publiée par Mnémos en Hélios en septembre 2017. Pour l’occasion, les 4 romans ont été revus et augmentés.

Le Jeu de la Trame se déroule dans un univers médiéval fantastique japonisant. J’ai souvent pensé à Rokugan, le monde dans lequel se déroule le jeu de rôle Le Livre des cinq anneaux, en lisant les aventures de Keido. Le roman raconte une quête effrénée, celle de Keido, pour retrouver les 39 cartes magiques constituant le Jeu de la Trame. Chacune de ces cartes est dotée d’un pouvoir particulier, le caméléon permet par exemple de changer d’apparence. Mais surtout une fois toutes les cartes réunies, Keido espère ressusciter celle qu’il aime, sa sœur Kirike. Les cartes du jeu de la trame ont été éparpillées dans le pays par l’empereur Soga. Keido dispose de quelques cartes au départ de sa quête, mais pour trouver les autres il devra affronter bien des périls et aller dans des contrées aussi dangereuses que les terres de cendre.

Autant le dire dès le départ, les personnages ne sont pas le point fort de ce livre, autant Keido que les personnages secondaires. Keido est un être égoïste, sans aucun scrupule, uniquement mu par ses intérêts propres, dépourvu de morale. Et cela dès le prologue, et ça ne s’arrange pas tout au long de ses aventures, ses décisions étant pour le moins surprenantes, le seul bon côté qu’on lui reconnait est sa motivation à vouloir redonner vie à Kirike.

Pourtant, on le suit dans sa quête en partie grâce à la richesse de ses aventures, qui bien qu’un peu répétitives nous mènent de guerres des clans à des conflits plus importants, et nous fait voyager dans ce monde japonisant. Quant aux personnages secondaires, pour les hommes ils ne font souvent que passer, ce qui est trop peu pour retenir l’attention du lecteur. Pour les femmes, elles ont la désagréable tendance à toujours finir dans le lit du héros, un peu comme si il s’agissait d’un James Bond à la sauce médiévale alors qu’il se comporte mal avec tout le monde. On se demande bien ce qu’elles lui trouvent toutes… La seule qui est un peu plus développée est l’aveugle, fille du tisserand.

Les autres points qui font de ce livre une lecture agréable sont surtout son univers qu’on aime découvrir et qui prend véritablement corps dans le dernier roman. L’ambiance de ce pays, ressemblant au Japon moyenâgeux, est particulièrement mise en valeur par la plume des auteurs. L’autre point fort est la fin du roman qui relève le tout et s’avère surprenante et intelligente.

Le Jeu de la Trame offre ainsi une lecture agréable, en grande partie pour la richesse de son univers dépeint de belle manière par Sylviane Corgiatet Bruno Lecigne. Le personnage principal est un anti héros qu’on aime détester, alors que les personnages secondaires sont très peu développés. Les péripéties du personnage sont un peu redondantes et peut-être ses aventures auraient elles méritée d’être écourtées. Cependant le final d’une grande subtilité et le monde en toile de fond valent le détour.

Autres avis: Fantasy à la carte, Amaruël, Le Chroniqueur , Bertrand Bonnet pour Bifrost​ , Apophis, Elbakin, Ombrebones,

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Auteurs: Sylviane Corgiatet Bruno Lecigne

Éditeur : Mnémos

Parution: 19/02/2021

Trente-neuf, c’est le nombre de cartes du Jeu de la Trame que Keido, fils du seigneur du Roseau, doit réunir afin de ressusciter sa soeur, morte de l’avoir trop aimé. Et il ne laissera rien ni personne le distraire de son but. Des guerres sauvages du pays des Mille Nuages aux combats contre les pirates sans merci du fleuve Salé en passant par la bataille contre le terrible Ordre des Ananke, Keido ira même jusqu’à franchir la Muraille de Pierre pour se livrer aux brûlures inconnues des Terres de Cendre et affronter les légendaires créatures de feu. Mais que trouvera-t-il au bout du chemin ?
Tranchant et érotique comme un baiser sur la lame d’un sabre, ce roman nous plonge au coeur d’une fantasy orientale surprenante, entre rêve et folie.
Le Jeu de la Trame fait partie des trésors cachés de la fantasy française. Regroupant quatre tomes, cette série est considérée comme l’une des plus marquantes de la mythique collection du Fleuve Noir.
Le Rêve et l’assassin, L’Araignée, Le Souffle de cristal, Le Masque d’écailles.

8 commentaires

    • Je te comprends, les personnages sont importants pour moi aussi. Et celui de ce roman est une crapule sans morale. Pour moi le roman aurait du être écourté mais j’ai apprécié ma lecture pour l’univers et la fin surtout.

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