Complainte pour ceux qui sont tombés de Gavin Chait

Complainte pour ceux qui sont tombés est le premier roman de Gavin Chait, auteur Sud Africain. Le roman a été publié en 2018 par les éditions Le Bélial’. Le titre original du livre est Lament for the fallen publié en 2016. La traduction est de Henry-Luc Planchat et la couverture de Manchu. Dans la postface du roman, l’auteur dit avoir mis très longtemps (trente ans) à écrire ce roman et cela se sent un peu à la lecture.

Au Nigeria, dans un futur à plus ou moins long terme, la capsule dans laquelle se trouve Samara s’écrase près du village d’Ewuru. Samara vivait dans une cité orbitale, Achenia. Pourtant ce n’est pas de là qu’il vient mais de Tartarus, une prison spatiale dont il s’est évadé. Recueilli dans le village d’Ewuru, il va raconter son histoire et ce qui l’a amené dans ce pays en guerre. En effet, le Nigeria est un pays qui vit des heures sombres, sous la peur des vendettas et des bandes organisées qui s’en prennent à tous, femmes et enfants compris. Malgré tout certaines cités indépendantes parviennent à tenir le coup, comme le village d’Ewuru. Samara n’est pas un humain ordinaire, comme vont vite le découvrir les habitants du village, le fait qu’il ait survécu au crash de la navette en est la preuve. Il fait partie d’un groupe d’humains dotés de capacités hors du commun, devant ses pouvoirs à son symbiote qui est une intelligence artificielle partageant sa vie en totale harmonie. Dans ce monde du futur, la technologie est très perfectionnée et les imprimantes 3D sont reines, fabriquant tout ce que l’on désire.

L’univers décrit par Gavin Chait est riche et passionnant à suivre. Une partie de la population a été exilée dans des cités orbitales. Les humains semblent avoir évolué sur certains points et pas du tout sur d’autres. L’Afrique qu’il décrit est dévastée par la pollution et la guerre. En même temps, certains villages ont gardé leurs âmes, leurs traditions et rites comme c’est le cas du village où arrive Samara. Cet aspect des contes et des coutumes africaines est bien rendu et intéressant. On sent que l’auteur connait son sujet et a voulu intégrer l’histoire de ce continent à son récit.

Les thématiques du roman sont intéressantes également. L’auteur aborde sans fards les problèmes de la guerre et des crimes commis par les bandes organisées. C’est parfois dur à lire, la bestialité et la cruauté humaine étant racontés crument dans certains passages. En opposition complète avec le comportement des villageois d’Ewuru et l’espoir qu’ils essayent de sauvegarder.

Le récit est construit en enchâssements avec des flashbacks sur le passé de Samara et des contes. Cela donne une impression de narration un peu décousue avec un rythme trop calme, trop inégal entre certaines scènes. Le mélange entre science-fiction et contes sonne assez étrangement. Les contes ont tendance à casser le rythme, à sortir de l’histoire principale. On sent que l’écriture du roman a été longue et que parfois l’auteur part dans une direction puis après totalement dans une autre. Il est également assez difficile de s’attacher aux personnages, surtout à Samara qui est beaucoup trop surpuissant pour qu’on craigne pour son sort.

Complainte pour ceux qui sont tombés est ainsi un roman qui présente un solide univers avec une ambiance africaine où on retrouve coutumes et modernité. Une narration décousue et un personnage principal trop puissant nuisent à l’immersion dans le récit, ce qui est dommage car le roman promettait plus.

Autres avis: Apophis,  Lutin 82, FeydRautha,

Auteur : Gavin Chait

Traducteur : Henry-Luc Planchat

Éditeur : Le Bélial’

Parution: (01/11/2018)

Samara est tombé du ciel dans un fracas de tonnerre. Non loin du village d’Ewuru, dans ce Nigeria déchiré, pollué, aux mains de bandes armées terrifiantes. On dit Samara doté d’immenses pouvoirs, et les légendes courent sur l’horizon. Certains le pensent immortel, ou peu s’en faut, investi d’une puissance telle qu’à lui seul, il pourrait asservir ce qu’il reste du monde. D’autres le disent enfant d’Achenia, cette station spatiale de tous les possibles, dont il serait l’un des Neuf. D’aucuns, encore, affirment qu’il se serait échappé de Tartarus, l’épouvantable prison orbitale d’une Amérique déliquescente… Si on dit vrai, alors avec Samara pourrait bien renaître l’espoir…

9 commentaires

  1. Le décor africain et les thématiques me tentent bien mais j’ai un peu peur concernant l’aspect SF (les vaisseaux, les stations orbitales… ce n’est pas trop mon truc ^^). Je me le note quand même dans un coin, pour plus tard 🙂

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