Dark, dans le labyrinthe du temps

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Dark est la première série originale Netflix Allemagne. La série vient de se terminer au bout de trois saisons. Elle compte vingt-six épisodes de soixante minutes environ. Côté réalisation, on trouve Baran bo Odar et écriture Jantje Friese. La série a débuté en 2017 pour se terminer cette année. C’est une série de science-fiction tournant autour du voyage dans le temps. Maintenant que la série est terminée, c’est l’occasion de revenir sur l’œuvre dans sa globalité. Il vaut d’ailleurs mieux si c’est possible regarder les 3 saisons de manière assez rapprochée, car Dark est très complexe.

Une vision du voyage dans le temps

La série se déroule à Winden, petite ville allemande où se trouve une centrale nucléaire. Plusieurs disparitions d’enfants ont lieu à différentes époques. Les liens entre les différentes familles des disparus apparaissent forts, et liés à de noirs secrets. On comprend très vite que tout est régi par des voyages dans le temps et à différentes époques séparées de 33 ans. Dark nous emmène dans un voyage temporel à travers les dimensions, entre présent, passé et futur. Les différents personnages sont présents à plusieurs périodes de leurs vies. La vision du voyage présentée est à la fois classique, originale et brillante. La série joue énormément sur les paradoxes temporels de manière opposée à Retour vers le futur. Ils sont intégrés dans l’histoire, sont très nombreux et expliqués par les différentes trames. La série suit un schéma complexe dans lequel rien n’est laissé au hasard. Le voyage temporel est complexe et maîtrisé à la manière d’une savante horlogerie. Le voyage dans le temps est inséré naturellement dans l’histoire avec une explication scientifique. Les scénaristes ont choisi de ne pas trop en dévoiler pour ne pas risquer de perdre du monde en route. Il est néanmoins question de mécanique quantique, de trou noir et d’énergie nucléaire. L’intrigue de la série est beaucoup plus scientifique que surnaturelle. La saison 3 introduit une nouvelle variable avec l’existence d’une réalité alternative liée aux voyages temporels. L’univers proposé s’étend ainsi et propose une « mythologie » qui lui est propre. Le symbole de l’infini, de l’ouroboros, a une très forte signification dans l’univers développé. La question de l’Apocalypse est aussi liée à tout cela, une fin du monde liée au temps, mais aussi au nucléaire. Ce genre de chose est logique dans un pays comme l’Allemagne qui a toujours été historiquement opposé au nucléaire et a décidé d’en sortir.

Personnages, casting et esthétisme

Une des grandes réussites de la série vient également de ses personnages qui sont complexes et auxquels on s’attache vraiment, et du choix des acteurs. La série utilise beaucoup les dialogues et les relations entre les différents protagonistes entre les différentes époques. Les acteurs incarnant les personnages selon les époques sont très bien choisis et certaines ressemblances sont vraiment bluffantes. Le casting est irréprochable et on arrive à reconnaître assez facilement les personnages selon les époques. Cela permet de mieux comprendre ce qui se passe, l’histoire étant très complexe. Le jeu des différents acteurs est également convaincant. L’utilisation de plans coupés en deux à la verticale sur les mêmes personnages au travers des temporalités aident également à s’y retrouver dans le dédale des protagonistes et du temps. Les éléments du décor, des petits détails ont également leur importance. D’ailleurs, au niveau esthétisme la série est également très réussie et cela se voit dès le générique. Le générique est un vrai bijou au niveau visuel changeant légèrement au fil des saisons et donnant des indices sur ce qui se déroule. L’utilisation de la bande son est également à noter surtout par rapport à l’ambiance pesante de la série. Musique, photographie, choix et jeux des acteurs sont ainsi de très haut niveau. L’aspect visuel a une grande importance, apportant des détails, des aides sur l’histoire.

Construction narrative

Les créateurs de la série avaient annoncé dès le début qu’il n’y aurait que trois saisons. Chacune des saisons est différente avec un thème particulier dominant. La première saison met en place la mécanique, les nombreux personnages et les différentes pièces d’un brillant puzzle. La thématique générale était liée surtout aux enlèvements d’enfants à Winden et aux voyages temporels vers le passé. La deuxième saison agrandit ce fil temporel avec de nombreux va-et-vient dont certains vers le futur. L’intrigue se complexifie avec l’introduction d’une future apocalypse nucléaire et la volonté d’essayer de l’empêcher. Les non-dits et les sous-entendus sont très nombreux dans cette petite ville allemande. Les détails ont leur importance, il faut être très attentif et des liens se dessinent peu à peu entre les différentes époques. Chaque intrigue mène à plusieurs autres comme un puzzle géant dans le temps. La troisième saison introduit la notion d’univers parallèles liée à celle des voyages temporels. Si par conséquence, elle se complexifie encore plus, la fin de la série est simple, claire, limpide et magistrale. La fin a été prévue et réfléchie certainement depuis le début. Le scénario est très bien construit évoluant au fil des saisons avec un vrai début, un milieu et une fin. Il repose sur plusieurs mystères tous expliqués par la fin, sans en faire trop ni faire durer la série trop longtemps et inutilement.

Dark est une très grande série, une des meilleures de ces dernières années. Elle a une vraie conclusion parfaitement maîtrisée qui apporte une vraie explication au mystère. La réalisation, la photographie, l’ambiance, le choix et le jeu des acteurs sont particulièrement à souligner. 

Autres avis: Lullaby,

Créateurs : Baran bo Odar, Jantje Friese
Réalisation : Baran do Odar
Scénario : Jantje Friese, Marc O. Seng…
Interprètes : Louis Hofmann (Jonas adolescent), Lisa Vicari (Martha adolescente), Oliver Masucci (Ulrich adulte), Maja Schöne (Hannah)…
Photographie : Nikolaus Summerer
Montage : Anja Siemens, Simon Gstöttmayr…
Musique : Ben Frost
Production : Lars Gmehling, Philipp Klausing
Sociétés de production : W&B television, Netflix
Société de distribution : Netflix
Nombre d’épisodes : 26
Durée des épisodes : entre 55 et 73 minutes

3 commentaires

  1. Le sujet est casse-gueule, en particulier du point de vue américain, qui tend à être dominé par les producteurs ne souhaitant pas d’intrigues « complexes », beaucoup d’œuvres sur le temps sont donc gâchées. Visionner les trois saisons de Dark montrent bien qu’une intrigue construite, pas d’explosions ou d’archétypes idiots, fonctionne très bien. C’est pour ce genre d’œuvre que j’aime regarder des séries, apportant alors un enrichissement personnel à travers de nouvelles réflexions, sans avoir l’impression d’être prit pour un jambon.

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