Chants du cauchemar et de la nuit – Thomas Ligotti

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Thomas Ligotti est un écrivain américain spécialisé dans les registres de l’épouvante et de l’horreur psychologique. Il est beaucoup moins connu en France puisque jusqu’à 2014 aucune de ses œuvres n’avaient été traduites. Les  éditions Dystopia et la traductrice Anne-Sylvie Homassel ont réparé cet oubli avec Chants du cauchemar et de la nuit, un recueil de nouvelles choisies. Des nouvelles de l’auteur étaient parues dans des anthologies, mais c’est le premier recueil exclusivement consacré à Thomas Ligotti. En juin 2020, les éditions Dystopia fêteront leur 10 ans, et à cette occasion organisent une opération spéciale depuis plusieurs mois afin de pouvoir remettre en avant leur catalogue : 10 SP pour les 10 ans de Dystopia le 10 du mois. Ce recueil faisait partie de cette opération.

Chants du cauchemar et de la nuit contient 11 nouvelles issues de divers ouvrages VO ainsi qu’une préface de la traductrice Anne-Sylvie Homassel. Voici le sommaire de ce recueil:

  • Petits jeux, 1982
  • Rêve d’un mannequin, 1982
  • Le Chymiste, 1981
  • L’Art perdu du crépuscule, 1986
  • Dr Voke et Mr Veech, 1983
  • Vastarien, 1987
  • Nethescurial, 1990
  • Miss Plarr, 1990
  • L’Ombre au fond du monde, 1990
  • Conversations dans une langue morte, 1989
  • Le Tsalal, 1994

Ces nouvelles appartiennent toutes au même registre, mais sont assez différentes au niveau thématique et permettent ainsi de se faire un bon aperçu des écrits de Thomas Ligotti. L’auteur est souvent comparé à Poe ou à Lovecraft. On ne trouve pas de tentacules ou de monstres cosmiques chez Thomas Ligotti, cependant il y a le même aspect nihiliste où l’homme est vu comme complètement insignifiant, sans importance par rapport à l’univers. Il y a aussi un aspect gothique que l’on pouvait retrouver chez Edgar Poe. Pourtant, Thomas Ligotti développe une horreur bien à lui, avec une part de rêves et de cauchemars, de cruauté, de souffrance. L’illusion et le sens caché des choses (un sens caché et monstrueux) sont au cœur de ses nouvelles. Les humains ne sont rien de plus que des marionnettes confrontées à l’horreur de la réalité. Le savoir apparaît alors comme dangereux.

Toutes les nouvelles sont marquées par la noirceur. On rencontre un psychologue confronté à un tueur en série, un chimiste rencontrant une jeune femme dans un bar dans un but étrange et qui n’a rien à voir avec la séduction, un récit de la vie d’un vampire, un mannequin, une ombre menaçant un village…L’angoisse et le malaise apparaissent souvent à la lecture de ces textes. Certains textes sont également plus faciles d’accès que d’autres. Cela est dû à une narration parfois trop abrupte, un départ un peu confus qui fait que l’on peut facilement décrocher d’un texte. Thomas Ligotti n’est pas un auteur facile d’accès, même si c’est un créateur d’univers, d’atmosphères très particulières. Certaines nouvelles sont vraiment très réussies dans le genre de l’épouvante et arrivent à vous glacer le sang comme Conversations dans une langue morte, Petits jeux, L’Ombre au fond du monde, L’Art perdu du crépuscule ou Le Tsalal.

Chants du cauchemar et de la nuit est donc un recueil qui porte très bien son titre. L’horreur fantastique déployée par l’auteur n’est pas toujours facile d’accès. La noirceur, les rêves et cauchemars, la folie sont au centre de son univers et prennent vie dans le quotidien. Un auteur à découvrir pour les amateurs du genre.

Autres avis: BifrostDiaspora galactique, Ma lecturothèque

Chronique réalisée dans le cadre d’un Service Presse (merci encore)

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Auteur Thomas Ligotti

Éditeur : Dystopia

Parution :15/10/2014 puis avril 2019

Traduction : Anne-Sylvie Homassel.

Recueil de nouvelles choisies, présentées et traduites par Anne-Sylvie Homassel.

9 commentaires

  1. C’est par cette chronique que j’ai découvert ton blog, car Ligotti est de loin mon auteur préféré… 🙂

    Elle résume très bien ce recueil de nouvelles ! C’est grâce à cet ouvrage que j’ai découvert l’auteur, et je l’ai énormément aimé, mais avec le recul je ne peux m’empêcher de le trouver un peu restrictif quant au choix des nouvelles. Je pense qu’ils auraient pu faire une sélection d’histoires plus hétéroclite. Ils ont accordé beaucoup de place aux nouvelles « lovecraftiennes », ces histoires de mondes parallèles et oniriques qui se fondent dans le monde réel. Or, Ligotti ne se résume vraiment pas qu’à cela, et j’aurais aimé qu’ils se penchent aussi sur des nouvelles plus « intimes » comme « Alice’s last adventure » ou « The Christmas Eves of Aunt Elise » par exemple, ou encore sur des textes un peu plus tournés vers le caractère absurde de l’existence, comme on en trouve beaucoup dans « Teatro grottesco ». D’ailleurs, il n’y a aucune nouvelle tirée de ce recueil, ce qui est fort dommage car il est très bon ! Enfin, la traduction amène inévitablement à des compromis, et pour certaines nouvelles ça bouleverse quelques détails qui ont leur importance (par exemple pour « Petits jeux »).

    Au plaisir de lire d’autres de tes chroniques en tout cas ! (et je ne peux que te conseiller de lire un jour les recueils anglais de Ligotti, si ce n’est déjà fait 😉 ).

    Aimé par 1 personne

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