Les enfants d’Erebus – Jean-Luc Marcastel

Les_enfants_d_Erebus

Après avoir lu le premier tome de Telucidar que j’ai bien apprécié en lecture plaisir, j’ai enchaîné sur les Enfants d’Erebus du même auteur, dont l’idée est de proposer une suite à l’un de mes textes préférés de Lovecraft, les Montagnes Hallucinées. On est donc projeté dans une intrigue se déroulant 3 ans après la fin de l’expédition des professeurs Dyer, Lake, et Atwood en Antarticque.

Un des amis de Dyer, Armand de Carsac, ayant décliné la participation à l’expédition de 1931 pour élever sa fille, se retrouve au début du roman à faire le lien entre des artefacts de l’expédition et le carnet de notes du Professeur Dyer. Le récit se concentre sur les actions de sa fille, Jade, personnage principal du roman. Celle-ci, très (trop ?) curieuse, mais comment serait-il autrement avec un père aventurier type Indiana Jones, essaye de découvrir la nature d’un nouvel artefact que son père a reçu. Elle essaye aussi d’en savoir plus sur l’expédition de 1931. En essayant de mettre la main une nuit sur le carnet de Dyer, chose que son père l’a dissuadée de faire, elle se retrouve au milieu d’un cambriolage ayant pour but de dérober le carnet et les artefacts liés à l’expédition…

Le roman est dans la droite lignée de la production de Jean-Luc Marcastel : un récit sans temps mort, avec une mise en place claire, et qui évolue vite au travers de 2-3 scènes d’actions intenses. C’est efficace, mais pas très original, et assez prévisible. La première partie est pour moi la plus intéressante, avec un début traitant des deux expéditions, celle de l’université de Miskatonic, et la suivante 2 ans plus tard, non décrite par Lovecraft, mais faisant l’objet de la super-campagne « Par delà les montagnes hallucinées » pour le jeu de rôle de l’appel de Cthulhu. On se retrouve en terrain connu, avec un texte à tentacule brillamment développé par l’auteur. C’est bien crédible, avec un dénouement sur la vie de Dyer convaincant.  Jean-Luc Marcarstel a réussi à installer une bonne ambiance, presque inquiétante, même si le passage à la partie action vient trop vite.

Les personnages sont bien décrits et attachants, comme dans les autres livres que j’ai pu lire de l’auteur. Hauts en couleur, tendance exotique, avec un archétype féminin assez constant : (très) jeune femme, ou ado devenant femme, au physique beau voire exceptionnel, athlétique, et attaché à ses racines, qui au cours du roman arrive à se dépasser pour réaliser des prouesses. Cet aimant à homme arrive à ses fins bien souvent avec la seule aide de son physique. Les autres protagonistes sont aussi sympathiques et assez improbables : le touareg, l’homme augmenté de morceaux métalliques… mais aussi l’inévitable et totalement caricatural nazi. Et oui car dans toute histoire d’archéologue des années 30, il faut son contingent de nazis, qui va bien entendu se faire allègrement trucider. Mais les nazis ne sont même pas les plus méchants dans l’histoire… Teleki-li, Teleki-li ! Jean-Luc Marcastel s’inspire de la cosmologie classique du mythe de Cthulhu, en innovant légèrement. Mais les amateurs de mythe de Cthulhu seront en terrain déjà conquis quelques fois.

Les enfants d’Erebus est donc une lecture plaisir, mélange entre début d’enquête lovecraftienne et le backround de Achtung Cthulhu, mâtiné d’une aventure à la Indiana Jones. On est donc dans un récit très pulp, convenue, mais où l’on suit avec avidité les péripéties de Jade et de ses compères. Dommage que l’on soit trop proche du schéma livre +artefact ancien => lieu maudit => caverne => invocation par des cultistes => jet de santé mentale => fuite => rencontre => fuite vers le tome 2. Mais je lirai sans hésiter la suite car même si je ne suis pas le cœur de cible, l’effet nostalgie fait son petit effet!

Autres avis: Phooka

erebusAuteur: Jean-Luc Marcastel

Éditeur : J’ai Lu

Parution: 12/03/2014

Paris, 1935.
Lorsqu’un inconnu débarque chez l’explorateur Armand de Carsac dans l’intention de voir un étrange obélisque, Jade, âgée de 16 ans, comprend que son père ne lui a pas tout dit de l’expédition Antarctique, qui se solda par un échec cuisant quelques années auparavant.
Quels secrets cache la mystérieuse relique ? Quelle est la motivation de ces redoutables poursuivants, prêts à tout pour se l’approprier ? Et, surtout, qui sont les enfants d’Erebus ?

4 commentaires

    • La photo c’est des figurines de Les demeures de l’épouvante 1ère édition et de Deep Madness, et la carte c’est celle de l’appel de Cthulhu V7, avec les lieux du mythe de Cthulhu.

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  1. J’ai lu les 2 premiers. Le 1er m’avait moyennement convaincue, mais le 2e a achevé de me laisser sur le côté : trop jeunesse, trop prévisible, et la manière dont l’auteur insiste sur la sensualité de l’héroïne m’a dérangée.

    Aimé par 1 personne

    • C’est effectivement un peu trop jeunesse déjà dans le premier, mais le thème et le début m’ont bien plu quand même. La sensualité de l’héroine, c’est un thème récurrent chez l’auteur, et j’avoue ne plus y faire trop attention.

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